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Une ferme transformée en maison moderne

Un long chantier de rénovation a transformé une ferme tourangelle du XVIIIe siècle en une demeure au confort contemporain. Matériaux modernes et anciens cohabitent en toute harmonie dans un intérieur épuré où le mobilier se fait volontairement rare et discret.

ZOOM

Une recherche de sobriété a présidé à l’aménagement intérieur. Toutes les menuiseries intérieures peintes en noir participent de cette démarche. De même que l’élégant garde-corps en fers plats horizontaux de la mezzanine (section 5 x 40 mm), également noir. Ceux-ci s’accordent parfaitement à la blancheur monacale de la pierre.

Avant la rénovation de la ferme tourangelle

Après la rénovation de la ferme tourangelle

Au salon, cette vaste baie vitrée occupe l’emplacement d’une ancienne porte de grange. Réalisée sur mesure (2,80 x 2,80 m), elle présente des montants en acier et un verre sécurit très épais. Tous les encadrements de porte et fenêtre existant ont été maintenus en place. La cheminée en tuffeau a été récupérée dans une demeure voisine.

Une marche sépare la cuisine de la salle à manger. Elle matérialise la différence de niveau des bâtiments, due à une pente naturelle du terrain. A cheval sur les deux pièces, le meuble de rangement en L, finition en stratifié anthracite, marque également le passage. Cependant la chape en béton ciré assure une continuité visuelle sur tout le rez-de-chaussée.

Plan de la ferme après rénovation

Dans l’épaisseur d’un mur de la cuisine, une niche à linteau rapporté a été créée (P 70 cm) et équipée d’étagères au système de fixation invisible. Les poutres du plafond sont en partie d’origine, en partie récupérées. Toutes ont été traitées au « Xylophène traitement poutres et charpentes » (Xylophène). Le meuble de séparation et l’îlot central, alignés l’un sur l’autre, obéissent à la règle qui veut une continuité de passage entre les pièces.

Peint en blanc, un nouveau cloisonnement réalisé en colombage, avec entre poutres habillés de plaques de plâtre, se fond dans le décor de la cuisine. Précédant la chambre, on y a logé des toilettes.

La cuisine se compose d’un ensemble inédit de meubles-caissons provenant de différents modèles du cuisiniste (Claude Delisle), mis aux dimensions en concertation avec les propriétaires. Sous la hotte (De Dietrich) et la crédence en inox, le coin cuisson est compact (plaque à induction et four, Siemens).

Autrefois seule pièce habitée de la maison, cette chambre présentait des murs enduits de torchis peints. Les pierres ont été remises à nu, comme dans le reste de la maison. Cette opération a permis de révéler la présence d’une cheminée derrière une cloison. Recouverte d’une peinture rouge, la cheminée a été sablée, puis poncée, pour retrouver sa couleur et son apparence lisse.

Intégrée à la chambre, la salle de bains profite d’une fenêtre qui compte parmi les nombreuses ouvertures créées au moment de la rénovation. Elle apporte une lumière franche et agréable sur la vasque (Duravit) et le plan de toilette. Réalisé en carreaux de plâtre, le plan est revêtu du même carrelage en grès cérame émaillé qui recouvre le sol.

Les parois de la douche à l’italienne sont montées avec des carreaux de plâtre hydrofuge, et recouverts de grands éléments de faïence. Une meurtrière vitrée, insérée dans les parois, laisse entrer davantage de lumière et donne ainsi aux utilisateurs une agréable sensation de volume. (Robinetterie Jado.)

Conçue comme une boîte, la salle de bains est partiellement ouverte sur la chambre avec laquelle elle fait corps. Les motifs des revêtements (sol et parois) reprennent les tonalités du béton et du métal oxydé (gamme « Ruggine » chez Porcelanosa).

Daté fin du Moyen-Âge, cet escalier à vis était accolé à une maison, en extérieur. Toutes les marches ont été refaites. En revanche le noyau a été repris par un menuisier pour être adapté à la hauteur de l’étage.

Surélevés à 1,70 m en bordure de toiture, les anciens greniers à blé ont été aménagés. Ils abritent deux chambres et une salle de bains, logée dans le petit espace cloisonné auquel on accède par une marche, une poutre juste fixée. Les sols sont habillés de parquets en chêne, récupérés.

La charpente présente dans cette chambre se trouvait autrefois dans la grange devenue depuis salon-salle à manger. Elle a été adaptée aux dimensions de la pièce et à la pente du toit. La tête de lit, montée en plaques de plâtre sur ossature en métal, masque un dressing.

l’étage, la salle de bains bénéficie d’une nouvelle fenêtre. La vasque provient d’une école. La même faïence qu’au rez-de-chaussée habille les parois de la douche (Porcelanosa).

Deux meubles en chêne, fixés au mur, résument les rangements. L’embrasure près des toilettes est équipée d’une ouverture récupérée d’un pigeonnier en comble

    Construite au XVIIIe siècle, agrandie au XIXe, la ferme est en ruine avant que ne débutent les travaux. Une double préoccupation préside à sa rénovation : conserver absolument le charme et le caractère ancien et rural de la bâtisse, tout en y apportant le confort moderne. Ses propriétaires souhaitent un intérieur très contemporain, largement décloisonné, avec des matériaux faciles d’entretien et un mobilier réduit à son strict minimum. Leur cahier des charges comporte en outre la création d’un étage, en lieu et place des anciens greniers, et la multiplication des ouvertures sur l’extérieur pour faciliter les communications avec le jardin.

    La consolidation du bâti

    A l’origine, la ferme est construite en moellons de tuffeau, jointoyés avec de la terre sablonneuse. Elle ne possède pas de fondations, seul le poids de la charpente la stabilise dans son ensemble. En vue de consolider la construction, on décide rapidement de creuser sous les murs de la maison pour y couler du béton : ces cavités bétonnées font office de fondations. De même, les murs de l’actuel salon-salle à manger (ancienne grange) se sont révélés fragilisés par un réseau de galeries, dans les joints en terre, creusées par des rongeurs. Ils sont entièrement reconstruits avec les moellons de tuffeau originels, jointoyés au mortier de chaux. Dans les autres pièces, les murs diagnostiqués sains sont seulement piquetés puis rejointoyés avec le même mortier de chaux.

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