Au pied de Montmartre, ce loft confortable et raffiné a été conçu sur mesure pour ses propriétaires qui aiment recevoir et vivre au milieu d’une importante collection de tableaux.
Une fois le loft trouvé, un architecte a pris le relais pour, après définition des exigences et en fonction d’un mode de vie, agencer le volume. Deux priorités : cuisine et convivialité. La propriétaire, excellente cuisinière, aime se mettre aux fourneaux, elle a donc tiré parti de ce changement de cadre pour satisfaire aux nécessités culinaires tout en profitant de la compagnie de ses invités. L’option cuisine ouverte était une clause non négociable. Sans doute pour oublier l’exiguïté de la kitchenette de leur ancien appartement, pourtant deux fois plus grand, elle avait choisi et commandé sa future cuisine avant même de prendre possession des lieux.
Un autre impératif était la mise en valeur de l’importante collection de tableaux, collection rassemblée à partir d’oeuvres de famille –le peintre et sculpteur Paul Ackerman et le frère du propriétaire, Joseph qui, disparu accidentellement à 23 ans, a laissé derrière lui une oeuvre étonnamment riche. Le cahier des charges de l’architecte était simple mais exigeant : respecter l’art de vivre du couple dans une superficie divisée par deux. Démultiplier l’espace en créant des zones de vie fonctionnelles.
Sol et plafond : technique et décoration
L’architecte a dû gérer les contraintes structurelles existantes : les retombées importantes de l’ossature du bâtiment devaient être dissimulées pour éviter l’effet d’écrasement. Les poutres en béton armé se sont habillées de corniches à redents en staff, inspirées par les motifs de la façade sur rue. La lumière indirecte diffusée par des néons de différentes nuances colorées éclaire toute la surface de l’appartement laissée libre puisque le mobilier écran n’occupe pas toute la hauteur. L’habillage du plafond participe pleinement à l’organisation du volume. Il est traité en trois parties accentuant ainsi la distinction des espaces de vie. Un faux plafond plan est abaissé à deux mètres cinquante dans le hall et la cuisine, tandis que les dégagements en hauteur entre les poutres quadrillent l’appartement pour ordonner l’aménagement au sol : salle à manger, bureau, séjour, chambre et entrée.
Après avoir penché pour un parquet en bois, le choix s’est finalement porté sur de grands carreaux (60 x 60 cm) en grès cérame gris clair. Sur la dalle d’origine, après pose de l’isolant et agrafage des tubes PER, une chape fibrée en béton allégé a été coulée, enrobant ainsi le circuit de chauffage. Le plancher diffuse uniformément chaleur ou fraîcheur par un dense réseau d’eau relié selon la température extérieure à la chaudière à gaz (De Dietrich) ou au groupe froid (Airwell).
En complément, un grand radiateur sèche-serviettes (Vasco, type RCS HDM) a été installé dans chaque salle de bains.
Aménager sans cloisonner
Pour conjuguer la fluidité de l’espace et la nécessité de le structurer, l’architecte décicé d’aménager sans cloisonner, jouant sur la couleur et la lumière. Les seules cloisons “en dur” et les seules portes distribuent les pièces sanitaires. Pour le choix des couleurs, une palette de peintres, de Gauguin à Klein, plaisait aux maîtres d’ouvrage.
Les quatre zones d’activité – séjour, chambre et salle de bains, bureau-chambre d’amis, salle à manger-cuisine – s’organisent autour de meubles et se structurent sous des “cieux” différenciés : les reliefs et volumes du plafond répondent symétriquement aux surfaces au sol. Comme dans les maisons chinoises, l’architecte a souhaité que l’on contourne un écran pour passer d’une zone à l’autre, supprimant ainsi tout chemin en ligne droite. Il a traité les meubles, placards et étagères, dans un parti pris de couleurs qui, composées par deux, s’alternent verticalement ou horizontalement.
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