Maison & Travaux > Tous les reportages > Tous les intérieurs contemporains > Déco design dans une demeure du 18e siècle!

Déco design dans une demeure du 18e siècle!

Avec son campanile, son manteau de briques rouges, sa toiture ondulante en tuiles canal et ses voûtes romanes, cette majestueuse demeure de maître du XVIIIe siècle ne déparerait pas dans la campagne toscane. Une récente restauration l’a dotée d’un décor intérieur au design contemporain, offrant la part belle à l’acier et au béton. Par Sophie Giagnoni / Photos Antonio Duarte (Juin 2011)

ZOOM

Située à une quinzaine de kilomètres de Toulouse, dans une campagne verte et vallonnée, cette impressionnante bâtisse était laissée à l’abandon depuis une cinquantaine d’années. Dix mois de travaux ont permis de lui redonner son lustre d’antan, avec en prime un confort et  une décoration intérieure des plus modernes.

Avec son grand âge et le manque d’entretien, la bâtisse nécessitait d’importantes reprises, notamment de ses fondations précaires, responsables en grande partie des lézardes profondes qui balafraient certaines de ses façades. Des reprises partielles de fondation en sous-oeuvre ont été réalisées en béton armé, tandis que les lézardes ont été brochées, opération consistant en une dépose des briquettes en mauvais état, une démolition partielle comblée ensuite par du béton armé. Ces murs repris ont ensuite été habillés d’un placage en briquettes de récupération, avec un mortier de pose sans joints pour une finition identique à l’existant.

L’ensemble des  maçonneries extérieures en briquettes a par ailleurs vu ses joints piqués, puis a fait l’objet d’un sablage léger. Aucune nouvelle ouverture n’a été créée, mais toutes les menuiseries ont été changées pour des modèles en bois étanches, équipées de double vitrage isolant  (4/16/4).

Datant, comme la maison, du XVIIIe siècle, la cheminée monumentale du salon (3,50 m de large) arbore des jambages et un linteau cintré en tuileaux, tandis que son manteau est fait pour l’essentiel de briquettes similaires à celles des murs. Ces derniers ont subi un léger sablage, puis ils ont reçu un vernis stabilisateur pour éviter qu’ils ne génèrent de la poussière.

Immense avec ses 88 m², le salon a été en partie cloisonné pour créer une salle vidéo d’une trentaine de mètres carrés. Celle-ci se dissimule derrière une cloison peinte en "violet cardinal". Réalisée en plaques de plâtre sur ossature métallique, elle intègre une isolation phonique en laine de verre (rouleaux "PAR Duo" d’Isover) d’une épaisseur de 45 mm.

Monobloc, chaque pièce en béton a été coulée sur place. Leur surface a reçu, après décoffrage, un vernis à base de polyuréthane la protégeant des taches. Thomas Buchner a également réalisé les canapés du salon, constitués de pièces assemblées par vissage, afin de permettre leur démontage en cas de déménagement. Ces créations font écho au sol, constitué sur l’ensemble du rez-de-chaussée d’un béton ciré réalisé par la société Placeo. Ce matériau contemporain se marie harmonieusement aux matériaux traditionnels que sont la brique et le bois.

Les pièces du rez-de-chaussée frappent tout d’abord par l’ampleur de leur volume. Trois pièces se partageaient originellement cette surface de 179 m². Les nouveaux propriétaires souhaitaient réduire le cloisonnement et obtenir ainsi de plus grands espaces.

Ainsi, même amputé d’une trentaine de mètres carrés mis au service d’une salle vidéo et de son dégagement, le salon affiche néanmoins une belle surface de 56 m². En plaques de plâtre sur ossature, le cloisonnement de la salle vidéo arbore une couleur soutenue, un violet épiscopal qui modernise un cadre par ailleurs constitué de blanc, de brique et de bois.

D’une surface de 58 m², avec une hauteur sous plafond de plus de 4 mètres, la cuisine s’impose comme la pièce la plus impressionnante de la maison. Son sol actuel, inférieur d’un mètre à celui du reste de la maison, conserve le souvenir de l’époque où un plancher intermédiaire la réduisait à l’état de sous-sol. Aujourd’hui, elle est accessible depuis le premier palier de la cage d’escalier. Un balcon se tient d’ailleurs en surplomb de la pièce, à hauteur du plancher disparu.

Dans cette cuisine monumentale, l’espace s’organise en deux parties sensiblement égales, l’une dévolue aux repas, l’autre à leur préparation. Marquée par un long plan de travail, leur séparation est accentuée par une différence de niveau au sol, trois marches séparant la première de la seconde. Celles-ci franchies, quatre autres marches sont nécessaires pour accéder à l’arrière-cuisine, laquelle occupe les 33 m² restants du rez-de-chaussée.

Toujours destinée à un usage fonctionnel, cette pièce est maintenant divisée par moitié en chaufferie et cellier, le reste se partageant entre un vestiaire, un sanitaire et un dégagement qui donne accès à la salle vidéo, puis au salon.

Dans ces pièces aux volumes impressionnants, l’ameublement tenait du défi. La rencontre avec le designer Thomas Buchner, créateur de meubles et d’aménagements en béton et métal, a permis aux propriétaires de le relever.

La cuisine arbore des réalisations sur mesure aux proportions considérables : un bar plan de travail en béton long de 5 mètres, avec un retour de 4 mètres intégrant les bacs d’évier et le piano de cuisson ou encore une armoire haute de 4,50 mètres et large de 3,50 mètres à ossature Inox, et équipée de portes en acier Corten ! Cet acier est enrichi d’un certain nombre d’alliages qui entraînent la formation d’une couche autoprotectrice d’oxydes à sa surface: une patine rouillée apparaît au cours des quatre premières années et se stabilise pour présenter ensuite une grande résistance à la corrosion.

Chaque élément réalisé en béton a été coulé en une seule pièce, la plupart sur place afin de limiter les difficultés de transport liées à leur poids.

Le béton utilisé par Thomas Buchner est un béton traditionnel constitué de sable, de gravier, de ciment et d’eau. Au fond de l’ évier, l’usure due à l’utilisation de produits d’entretien inadaptés a mis à nu les graviers contenus dans le béton.

Afin de conserver un maximum de briquettes apparentes, les murs de la maison n’ont été isolés que très partiellement. Lors de sa révision, la toiture a reçu deux couches croisées de laine de verre pour une épaisseur totale de 20 centimètres. Le chauffage est fourni par une chaudière (de 35 kW) alimentée au gaz propane (cuve extérieure).

L’étage est chauffé par des radiateurs équipés de robinets thermostatiques (Acova). Dans la chambre parentale un poêle à bois complète le dispositif et apporte sa touche esthétique et écologique à un tableau finalement classique.

La tête de lit est faite d’un meuble de rangement aux dimensions proportionnelles à celles de la cheminée qui lui fait face (3,50 m de large, comme au rez-de-chaussée). Dessiné par le propriétaire et réalisé en MDF, il présente également l’avantage de limiter l’apport de lumière des fenêtres sur le lit, tout en offrant davantage d’intimité.

Sans contremarche, doté de rambardes et de garde-corps laissant circuler la lumière, l’unique escalier de la maison apparaît contemporain et aéré. Sa structure en acier teinté en noir porte des marches en bois de châtaignier. Desservant les trois niveaux de la maison, il s’élève sur plus de 6 mètres de haut au total !

Au rez-de-chaussée, le confort thermique est assuré par un  système de plancher chauffant à basse température. Il est constitué de plaques isolantes, dans lesquelles circulent les serpentins du système chauffant proprement dit ("Renovia" de Rehau).La finition en béton ciré a été exécutée directement sur ces plaques, enrichie d’un fluidifiant qui favorise l’enrobage des tubes et, par là même, la diffusion de la chaleur (8 cm).

La coloration et l’aspect du béton sont obtenus par l’incorporation d’un coulis frais de ciment (5 mm) contenant des grains minéraux durcisseurs et un colorant, appliqué avant la prise de la première chape d’enrobage. L’ensemble est taloché à la truelle mécanique (produits "Rocland", mis en oeuvre par Placeo).

La salle de bains parentale allie bois et béton. Sa douche et le tablier de la baignoire ont été habillés de plaques de béton traitées avec un vernis à base de polyuréthane. Les contours de la baignoire et le sol de la douche sont revêtus d’un caillebotis en bois exotique.

    Articles sur le même thème...

    REPORTAGE

    Tradition dehors, modernité dedans !

    Au coeur de la campagne bretonne, la restauration de cette ancienne ferme a su préserver le charme de ses...  Lire

    REPORTAGE

    La nouvelle vie d’un séchoir à tabac

    Au cœur du Périgord Noir, cet ancien séchoir à tabac a vu son destin de bâtiment agricole bouleversé par un...  Lire

    REPORTAGE

    Agrandissement en rez-de-jardin

    Cette meulière typique de la banlieue parisienne a gagné de la lumière et 80 m² grâce à une extension en bois,...  Lire

    Rechercher RECHERCHER

    dans :

    S'ABONNER

    Maison&Travaux n°239

    Découvrez vite la nouvelle formule vitaminée de votre magazine préféré, plus dynamique, plus accessible, plus convivial, plus pratique, plus coloré, plus sélectif... et pour 3,90€ seulement!

    Facebook

    Boutique livres MT

    3 belles rénovations de maisons

    Agrandissement en rez-de-jardin

    Cette meulière typique de la banlieue parisienne a gagné de la lumière et 80 m² grâce à une extension en bois,...  Lire

    Des matériaux authentiques dans une maison innovante

    Près de Vannes, cette ancienne laiterie a été transformée en maison contemporaine. En rupture totale avec son passé...  Lire

    Déco design dans une demeure du 18e siècle!

    Avec son campanile, son manteau de briques rouges, sa toiture ondulante en tuiles canal et ses voûtes romanes,...  Lire