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Une rurale de bon aloi

Esprit de récup’ et mise en valeur des caractères de l’habitation ont mené cette restauration. rien n’en trahit les techniques modernes et tout fleure bon la campagne d’antan.

ZOOM

Nichée dans un vallon boisé entre la forêt de Villers-Cotterêts et la vallée de la Marne, cette ancienne ferme a entamé une seconde vie après la rénovation des deux bâtiments aménagés en gîtes ruraux. Le jardin, qui a remplacé le verger de pommiers, offre une ambiance champêtre avec sa haie en plessis de châtaignier, tressé sur des piquets d’acacia.

De type bloc-à-terre, la ferme était flanquée de dépendances agricoles qui forment une belle volumétrie. Les propriétaires en ont conservé le témoignage tout en y aménageant des lieux de vie.

L’entrée donne dans le séjour (60 m2) où cohabitent la pièce à vivre et sa table d’hôtes, la cuisine et son coin-repas. Le plancher à poutres et solives de chêne est une création destinée à doubler la surface habitable. Comblé par des panneaux de “Nergalto” (Métal Déployé), l’entre-solivage est enduit au plâtre et décoré avec un badigeon (chaux aérienne, eau, ocre rouge et siccatif). Inspirée d’un modèle de ferme locale, la cheminée est réalisée en briques creuses couronnées d’un linteau en béton armé, enduites au plâtre gros et décorées d’une patine. Le mobilier de famille ou chiné s’accorde à l’atmosphère agreste.

À l’extrémité opposée se trouve la cuisine. La pierre d’évier (récupérée) repose sur des montants en briques creuses plâtrées. Les carreaux émaillés de la crédence, animés d’une frise rouge, s’harmonisent au badigeon des murs (Terre de Sienne et Sienne naturelle) et aux nuances ocrées et patinées des vieilles terres cuites du sol. L’électroménager est regroupé dans une pièce attenante.

Non loin de l’évier, une niche a été créée pour recevoir des étagères et un plan de travail en chêne. Au centre, une fenêtre détournée de son usage, flanquée de deux panneaux latéraux, forme une petite vitrine.

À l’extrémité opposée se trouve la cuisine. La pierre d’évier (récupérée) repose sur des montants en briques creuses plâtrées. Les carreaux émaillés de la crédence, animés d’une frise rouge, s’harmonisent au badigeon des murs (Terre de Sienne et Sienne naturelle) et aux nuances ocrées et patinées des vieilles terres cuites du sol. L’électroménager est regroupé dans une pièce attenante.

L’escalier est construit entièrement en plâtre. La méthode consiste à poser au fur et à mesure, d’une part les nez de marche en chêne (encastrée à l’une de leur extrémité dans le mur), et d’autre part les contremarches (formées d’une section de lattis métallique “Nergalto”). Au fur et à mesure de l’élévation, l’intervalle entre le sol et les marches est comblé de plâtre. En finition, la surface des marches est habillée de terres cuites et les contremarches en lattis métallique sont enduites au plâtre puis badigeonnées.

Pour préserver l’âme paysanne du lieu, les propriétaires ont recyclé des vieilles portes d’écurie en grisard (peuplier gris ou blanc local) qui s’ouvrent sur une salle d’eau, et un placard ménagé sous l’escalier. Les portes sont en planches et traverses de chêne brossées et peintes avec une acrylique blanche très diluée. Elles sont dotées de clenches, loquets à bouton poucier et pentures en fer forgé.

À l’étage, cinq chambres sont desservies par un couloir central. Les cloisons à structure en chevrons (chêne), comblée de briques creuses enduites au plâtre puis badigeonnées, et le plancher en planches de chêne clouées sur lambourdes, scellées tous les 50 cm, semblent là depuis toujours.

Autrefois exposé aux courants d’air, ce grenier a fait peau neuve. L’isolation extérieure de la toiture a permis de laisser la charpente apparente. Toute la couverture a été refaite avec des tuiles plates de récupération. Inspirée d’un modèle scandinave, la tête de lit découpée dans des planches de chêne s’harmonise à la couleur des terres cuites et des voliges.

L’une des chambres offre une alcôve aménagée dans l’esprit des lits clos avec des planches de chêne de récupération. Des rideaux bordés de dentelles l’agrémentent.

Les deux lits superposés à angle droit sont faits en branches de bouleau. Des poutres en chêne supportent la structure.

    Dans ce paysage vallonné de l’Aisne, aux confins de l’Ile-de-France et de la Champagne, c’est là que Gilles et Élisabeth Didelet ont métamorphosé une ancienne ferme sur le déclin en une maison de campagne où rusticité, naturel et confort jouent une harmonieuse partition. L’ensemble se compose de deux bâtiments : une maison d’habitation dressée en pignon (au nord-est) et coiffée d’une toiture à deux pentes, une ancienne grange de plan rectangulaire (au sud-ouest) bâtie en équerre par rapport à la première. Des dépendances (soue à cochons, écurie, hangar) jouxtent le logis.

    Coup de coeur pour de vieux murs

    Depuis les années 80, cette ferme d’élevage était utilisée comme remise agricole et atelier. Laissée sans entretien, de facture modeste, elle serait sans doute tombée en ruine si Gilles et Élisabeth n’avaient décidé de l’acheter en 1996. Né à Montigny-L’Allier, Gilles connaissait le propriétaire, Monsieur Féréol, “une figure locale, qui cultivait son potager, soignait ses abeilles, préparait son cidre, sciait son bois. Aux beaux jours, on le voyait, un peu bougon, assis sur une chaise bancale sous l’auvent du puits”. Ainsi, nos deux passionnés décident de rendre l’ensemble des bâtiments habitable pour y aménager deux gîtes ruraux. Leur démarche : rénover dans le respect de l’habitat local, préserver l’âme rurale de la bâtisse, conserver une certaine lisibilité de son histoire tout en lui donnant du confort.

    Échelonnés sur cinq ans (1998-2003), les travaux ont débuté bien sûr par le gros oeuvre : consolidation des maçonneries (façades et pignons), création d’une dalle de sol en béton, montage d’un plancher à poutres et solives en chêne, renforcement de la charpente, réfection de la couverture, enduits à pierres vues...

    L’espace redistribué

    Mais il fallait au préalable réorganiser les surfaces (localisation des pièces, attribution de leur fonction, création d’un étage, distribution d’ensemble) à partir de volumes vides, vétustes et dénués de tout confort. Confiée à l’architecte Yannick Champain, cette étude permet d’aménager deux gîtes (l’un de 130 m2, l’autre de 70 m2) dans chacun des bâtiments en tenant compte de leur orientation, surface disponible et différences de niveau. Dans la maison dressée en pignon (dite “Chez Féréol”), sont ainsi prévues une pièce commune (séjour), une cuisine et une salle de bains au rez-de-chaussée et deux chambres sous comble accessibles par un escalier circulaire en plâtre. Dans l’ancienne grange (“La Grange”), est aménagé un espace commun de vie (salon, coin cheminée, table d’hôtes et cuisine), tandis qu’un étage est créé pour loger cinq chambres et une salle de bains.

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