Esprit de récup’ et mise en valeur des caractères de l’habitation ont mené cette restauration. rien n’en trahit les techniques modernes et tout fleure bon la campagne d’antan.
Dans ce paysage vallonné de l’Aisne, aux confins de l’Ile-de-France et de la Champagne, c’est là que Gilles et Élisabeth Didelet ont métamorphosé une ancienne ferme sur le déclin en une maison de campagne où rusticité, naturel et confort jouent une harmonieuse partition. L’ensemble se compose de deux bâtiments : une maison d’habitation dressée en pignon (au nord-est) et coiffée d’une toiture à deux pentes, une ancienne grange de plan rectangulaire (au sud-ouest) bâtie en équerre par rapport à la première. Des dépendances (soue à cochons, écurie, hangar) jouxtent le logis.
Coup de coeur pour de vieux murs
Depuis les années 80, cette ferme d’élevage était utilisée comme remise agricole et atelier. Laissée sans entretien, de facture modeste, elle serait sans doute tombée en ruine si Gilles et Élisabeth n’avaient décidé de l’acheter en 1996. Né à Montigny-L’Allier, Gilles connaissait le propriétaire, Monsieur Féréol, “une figure locale, qui cultivait son potager, soignait ses abeilles, préparait son cidre, sciait son bois. Aux beaux jours, on le voyait, un peu bougon, assis sur une chaise bancale sous l’auvent du puits”. Ainsi, nos deux passionnés décident de rendre l’ensemble des bâtiments habitable pour y aménager deux gîtes ruraux. Leur démarche : rénover dans le respect de l’habitat local, préserver l’âme rurale de la bâtisse, conserver une certaine lisibilité de son histoire tout en lui donnant du confort.
Échelonnés sur cinq ans (1998-2003), les travaux ont débuté bien sûr par le gros oeuvre : consolidation des maçonneries (façades et pignons), création d’une dalle de sol en béton, montage d’un plancher à poutres et solives en chêne, renforcement de la charpente, réfection de la couverture, enduits à pierres vues...
L’espace redistribué
Mais il fallait au préalable réorganiser les surfaces (localisation des pièces, attribution de leur fonction, création d’un étage, distribution d’ensemble) à partir de volumes vides, vétustes et dénués de tout confort. Confiée à l’architecte Yannick Champain, cette étude permet d’aménager deux gîtes (l’un de 130 m2, l’autre de 70 m2) dans chacun des bâtiments en tenant compte de leur orientation, surface disponible et différences de niveau. Dans la maison dressée en pignon (dite “Chez Féréol”), sont ainsi prévues une pièce commune (séjour), une cuisine et une salle de bains au rez-de-chaussée et deux chambres sous comble accessibles par un escalier circulaire en plâtre. Dans l’ancienne grange (“La Grange”), est aménagé un espace commun de vie (salon, coin cheminée, table d’hôtes et cuisine), tandis qu’un étage est créé pour loger cinq chambres et une salle de bains.
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