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Une restauration 100% naturelle

Située à l’entrée d’un hameau, la maison quercynoise laissée à l’abandon a retrouvé tout son lustre dans le respect des traditions. Du temps, de la passion, de l’aide et des bons conseils… Voici l’histoire d’une réhabilitation respectable et respectueuse.

ZOOM

Typique du Quercy, la maison au toit d’ardoise et aux murs en pierres apparentes révèle un charme particulier avec ses ouvertures de différentes dimensions. On y accède par un portail en lattes de châtaigniers conçu d’après ceux qui dominent dans la région.

La prolongation du bâtiment en L intimise l’espace que ferme les dépendances : le pignon d’une ancienne grange et la porcherie au toit en lauzes.

L’appareillage sommaire des pierres imbriquées les unes dans les autres témoigne de l’époque de construction de la porcherie. Le toit en lauzes a été refait avec le concours du Conseil général du Lot.

Laissée ouverte la cuisine au sol en pierre d’origine donne sur la salle à manger où la grande table s’entoure de bancs d’école. Au sol, les carreaux de grès cérame sont collés sur une chape après que l’on ait coulé une dalle.

À l’intérieur, les murs ont également gardé leurs pierres apparentes, comme ici au salon. L’ancienne poutraison ajoute au charme de la pièce dont le point central est la cheminée aux belles proportions.

Deux grands îlots centrés concentrent la cuisine et créent une séparation qui reste légère, même si elle est un peu plus marquée par la colonne technique qui s’élève jusqu’au plafond. On distingue la partie agrandie de la bâtisse au sol par l’appareillage de pierre reconstitué. Côté salle à manger, une large cheminée sculptée, probablement du XVIIIe siècle !

En piquetant un mur, un bel évier en pierre a été découvert. Sa forme particulière reste un mystère… À côté, quelques marches permettent d’accéder à l’aile du bâtiment dont le sol surbaissé a permis d’implanter une mezzanine au-dessus du niveau supérieur.

La fenêtre à coussiège laisse penser qu’il s’agissait d’une maison forte. Les appareils de chauffage, encastrés dans les murs en pierre jointés de terre, sont habillés de châtaignier (lambris) recouvert de peinture à essuyer (Libéron), pour se faire astucieusement oublier.

Le pisé recouvre une partie du sol. Il a été refait à partir d’éléments récupérés ce qui justifie l’irrégularité des alignements avec les petites pierres sommairement taillées. Le mur orienté au nord est revêtu d’un enduit isolant de chanvre et chaux.

L’écart de niveau est à la jonction des deux bâtiments. La mezzanine créée au-dessus des chambres augmente la surface habitable. Au fond s’y trouve une nouvelle chambre à laquelle on accède en traversant un espace libre où les enfants aiment se retrouver. Le béton traité avec un durcisseur, un bouche-pores et ciré n’émet aucune poussière.

L’entrée dans l’une des chambres se distingue par la porte de récupération simplement lavée et protégée avec une cire antitache invisible Deux autres portes montées en cloisons coulissantes ferment l’accès à la salle de bains et aux rangements placés à côté.

Un petit escalier lové dans un angle de la grande pièce, permet d’accéder à l’étage du deuxième bâtiment. On emprunte un autre escalier pour atteindre les combles de la partie ancienne. À noter: l’appareillage des pierres murales est ici remarquable !

Dans la grande chambre aménagée sur la longueur du pignon, une cloison condamnait l’angle dans lequel les pigeons trouvaient refuge. Le remplissage a été déposé, mais l’ossature en bois conservée pour évoquer ce passé révolu.

    À l’intérieur de cette colonne technique, se trouvent également la VMC double flux, le réseau de chauffage, les évacuations d’eaux usées, les alimentations qui desservent l’évier (Franke) et la salle de bains de l’étage. Parfaitement isolé, le coffrage ne laisse passer aucun son. Une crédence en Inox (Lapeyre) protège la partie inférieure. Tous ces appareils ont été choisis en tenant compte de leur classement énergétique.

    Des jeux de niveaux à l’étage
    Pour optimiser le volume intérieur, le plancher intermédiaire de l’aile perpendiculaire a été abaissé ce qui impliquait également de surbaisser le sol de plain-pied et d’implanter quelques marches pour relier les deux bâtiments. Dans un angle de la grande pièce, on accède à l’étage par un escalier en chêne dont les marches de remplacement ont été taillées en prenant pour modèle la seule qui restait. Sa teinte foncée, très proche de celle de la main courante d’origine, résulte d’un traitement singulier : le bois a été badigeonné de chaux blanche pour faire ressortir le tanin avant d’être huilé (huile parquet « Carl’s » chez Bona). Quant au nouveau parquet en châtaignier huilé, il réunit des lames droites de largeurs variées clouées sur des lambourdes de 15 à 20 cm d’épaisseur rapportées sur le plancher bois d’origine.

    Cette technique a permis de rétablir la planéité du sol et d’interposer un isolant en ouate de cellulose–papier recyclé (Homatherm). Un deuxième escalier conduit aux combles de la partie ancienne, où l’on faisait sécher le tabac. Le plancher ayant ici conservé son niveau, on accède à la mezzanine construite dans l’aile du bâtiment et qui en constitue le deuxième étage par quelques marches en chêne implantées de face dans l’axe du faîtage. Une dalle de béton allégé a été coulée au niveau de l’entrait bas de la première ferme, déplacée à cette occasion pour s’inscrire en bordure du plancher. Entre les deux niveaux, un mur en pierre crée le lien. Jointé avec un mélange de terre et de chaux, il n’a pas été retouché.

    Une isolation performante
    Antérieurement à la rénovation complète, la toiture en ardoise a été refaite à temps pour mettre les bâtiments hors d’eau, il n’était donc pas question de la déposer pour entreprendre une isolation par l’extérieur. Selon la démarche écologique directrice du projet, l’isolant choisi est en cellulose sous forme de panneaux semi-rigides (« Flex CL » de Homatherm). Ils ont été posés en deux couches croisées, la première entre les chevrons en ménageant une lame d’air, la seconde sous les chevrons pour atteindre une épaisseur totale de 20 centimètres. Un écran freine-vapeur (Proclimat) est également intercalé entre l’isolant et l’habillage en plaques de plâtre posées sur ossature métallique pour assurer l’étanchéité à l’air et réguler les émissions de vapeur générées de l’intérieur et empêcher l’humidité de stagner dans l’isolant. Toutes les ouvertures sur mesure sont en doubles vitrages peu émissifs (Menuiserie Bergeal à Meyssac), y compris pour les fenêtres de toit (Cast).

    Côté chauffage
    Le choix s’est naturellement porté sur une pompe à chaleur air/air (Mitsubishi). L’unité extérieure placée à distance du bâtiment, n’émet aucun bruit dérangeant et restitue chaleur ou fraîcheur via des unités intérieures (Multisplits). La climatisation réversible offre un confort de vie appréciable, la chaleur rapidement émise n’assèche pas trop l’air ambiant. Ce système économique à l’usage n’est pas polluant, il consomme également peu d’énergie et supprime toute corvée de stockage.

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