Une structure conservée à l’identique, des matériaux naturels et traditionnels de qualité, des savoir-faire consacrés, cette longère normande du XIXe siècle a fait l’objet d’une rénovation remarquable par son souci d’authenticité.
Située dans le bocage normand, à l’écart des routes et des villages, cette bâtisse se trouve à l’abandon depuis une trentaine d’années lorsque les propriétaires la découvrent. Ils recherchent alors une maison de campagne où ils pourront accueillir leurs trois enfants, devenus grands. Les vastes proportions de celle-ci, son caractère rural et son environnement préservé les séduisent immédiatement. L’ampleur des travaux à prévoir les inquiète, cependant la rencontre avec l’architecte Mathieu Lenorman lève rapidement leurs derniers doutes. Architecte, décorateur et designer, ce dernier va gérer l’intégralité du chantier : redéfinition des volumes intérieurs, coordination des artisans et choix des matériaux. Le cahier des charges est simple : « respecter l’authenticité du lieu et son aspect global, conserver tout ce qui peut l’être et remplacer tout ce qui doit l’être en utilisant des matériaux nobles ». Au final, ils souhaitent « une ambiance traditionnelle, avec éventuellement ici ou là une touche de modernité ».
Pour les propriétaires, l’un des atouts majeurs de la longère réside dans son beau bâti rustique composé de petites pierres blondes grossièrement taillées et de moellons apparents, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. Vieux d’environ 150 ans, les murs nécessitaient une sérieuse réfection pour retrouver leur blondeur d’origine. Leurs anciens joints ont été intégralement piochés pour libérer totalement la surface des pierres, alors nettoyées et brossées. Les joints de remplacement ont été préparés à l’ancienne (mélange de sable, chaux et ciment blanc). Les pierres n’ont fait l’objet, quant à elles, d’aucun traitement particulier, et ont été laissées dans leur état brut naturel.
Toujours par respect du bâti originel, Mathieu Lenorman a limité la création d’ouvertures nouvelles. Au rez-de-chaussée, il s’est contenté d’élargir celles qui existaient déjà. L’étroite porte d’entrée principale a ainsi cédé la place à une baie vitrée à quatre vantaux, qui dessert aujourd’hui la terrasse orientée au sud. Trois autres portes existaient côté nord ; toutes ont été maintenues. De plus, la longère comportait sept petits châssis d’aération, hauts de 30 cm et larges de 50 cm. Ceux-ci ont été agrandis dans leur hauteur pour atteindre désormais 80 cm. L’étage ne comprenait que deux ouvertures : des portes hautes percées dans les pignons. Celles-ci ont été transformées en fenêtres, dont l’apport en lumière naturelle n’aurait pu suffire à tout l’étage. Ainsi, quatre lucarnes et deux châssis ont-ils été créés dans la toiture pour éclairer cette partie de la maison. Initialement couverte de dalles en ciment, façon ardoise, la toiture a été entièrement refaite. Aujourd’hui, elle arbore une couverture en tuiles plates dont les tonalités ocre se marient harmonieusement avec les teintes blondes des façades.
Bâtisse à vocation agricole, la longère ne comportait à l’origine qu’une pièce dévolue à la vie de ses habitants. Située au rez-de-chaussée, elle côtoyait plusieurs espaces réservés aux animaux (bergerie, étable...), tandis que l’étage accueillait les récoltes rentrées par les portes hautes des pignons. Au total, chaque niveau possédait une superficie d’environ 140 m2. Mathieu Lenorman a entièrement repensé l’organisation de cet espace. Afin de répondre au désir des acquéreurs, il a créé au rez-de-chaussée une très vaste pièce à vivre qui rassemble la cuisine, la salle à manger et le salon. L’ensemble couvre une superficie d’environ 100m2. L’ouverture de ces différentes pièces les unes sur les autres n’excluait pas une certaine démarcation entre elles.
Ainsi la cuisine se retrouve-t-elle délimitée sur trois côtés par un meuble-bar, tandis que la distinction entre la salle à manger et le salon se trouve marquée par une surélévation du sol de 20 cm au niveau du salon, et l’ouverture du plancher au-dessus de ce dernier afin de créer un espace cathédrale. Une large cheminée se dresse enfin entre ces deux volumes. (Outre cette pièce à vivre, le rez-de-chaussée accueille également une suite parentale, un cellier, une chaufferie et un W.-C.).
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