Maison & Travaux > Tous les reportages > Tous les intérieurs classiques > Une longère remise à neuf

Une longère remise à neuf

Une structure conservée à l’identique, des matériaux naturels et traditionnels de qualité, des savoir-faire consacrés, cette longère normande du XIXe siècle a fait l’objet d’une rénovation remarquable par son souci d’authenticité.

ZOOM

Façade Sud de la longère avant les travaux. Caractéristique des régions rurales pauvres de l’ouest de la France, ce type de maison longue ou « longère » constituait originellement la demeure de petits paysans, qui y vivaient dans le voisinage immédiat de leurs bêtes. Construite vers 1860, celle-ci était abandonnée depuis une trentaine d’années lorsque les propriétaires ont entrepris sa réhabilitation.

Façade Sud de la longère après la rénovation.

Façade Nord de la longère après les travaux de rénovation

Entre poutres en chêne et dallage en pierre de Bourgogne, la grande pièce à vivre présente une belle homogénéité. Le mur du fond a été recouvert d’une peinture finition mate (coloris « Mouse’s Back » de Farrow&Ball). Abat-jour en tissu réalisés sur mesure (MLB Concept). Table à manger en acier et chêne (Mathieu Lenorman Créations). (Bougies, Bougies la Française.)

Les parents ont préféré installer leurs quartiers au rez-de-chaussée. Une véritable suite rien que pour eux. Un placard intégré dans le mur arbore de vieux volets en guise de portes. L’ouverture provoque l’allumage des néons fixés dans différents angles.

Surélevé de 20 cm par rapport à la salle à manger voisine, le salon s’inscrit dans un espace cathédrale, né de la restructuration du volume. La cheminée repose sur un socle de briques rouges traitées à l’ancienne, et dispose d’une hotte imposante en acier.

Les parois extérieures du bar de la cuisine sont tapissées de lames de parquet en chêne massif. Un plateau en granit flammé brossé domine l’ensemble. On retrouve ce matériau sur le plan de travail. Non loin de la cuisinière « Godin », une ancienne glacière de boucher a été reconvertie en réfrigérateur.

La façade sud s’ouvre sur une terrasse pavée en pierres naturelles de Bourgogne, qui dessinent un tapis central bordé de pierres sombres. Toutes les ouvertures du rez-dechaussée, situées de ce côté de la maison, ont été agrandies : de la porte d’entrée transformée en baie vitrée à quatre vantaux aux petits châssis d’aération allongés de 50 cm.

Tournés vers la salle à manger, des placards se nichent dans les angles du bar, inaccessibles côté cuisine. Très profonds, ceux-ci accueillent toute la vaisselle de la maison.

Enserré entre deux murs de briques, l’escalier dessert un vaste palier dont il est séparé par un garde-corps en acier, avec porte, réalisé sur mesure par le serrurier de MLB Concept. A la lumière issue des châssis, s’ajoute l’éclairage des suspensions, identiques à celles du rez-de-chaussée, toutes réalisées sur mesure.

Taillées dans de vieux bois, les lattes du parquet en chêne présentent une largeur variant entre 20 et 30 cm. On aperçoit au fond du couloir, l’entrée très basse de la chambre, inscrite sous la poutraison. D’ailleurs, les portes de communication intérieure de l’étage ont toutes été réalisées sur mesure par un menuisier pour répondre à cette contrainte.

Ces châssis en acier, aspect tabatières, conviennent aux restaurations soignées. Ils permettent de conserver les ouvertures d’origine dans leur authenticité sans nécessité de kit de raccordement. Une bavette adaptée à la pente du toit assure l’étanchéité. Les crémaillères sont en laiton. (Cast-PMR).

Desservant l’étage dévolu aux enfants, le palier accueille, dans la lumière naturelle, des jouets anciens et du mobilier, directement rattachés à leur âge tendre.

Dans cette chambre sous les combles, un éclairage indirect surmonte la tête de lit : une corniche en bois dissimule un néon. Une fois allumé, celui-ci forme un rideau de lumière qui souligne les sous-pentes en bois du toit.

Au même étage, la salle de bains est franchement minérale. La double vasque est taillée dans un seul bloc de pierre. Elle s’appuie sur un meuble en chêne massif, fabriqué sur mesure (MLB Concept).

Equipée d’options de balnéoet d’hydrothérapie, cette luxueuse baignoire arbore un solide tablier également en pierre. Ce matériau naturel se retrouve en dallage de sol et en habillage de mur autour du bain. Robinetterie, Porta. (Serviette de bain, Habitat. Produits cosmétiques, Artalep.)

    Située dans le bocage normand, à l’écart des routes et des villages, cette bâtisse se trouve à l’abandon depuis une trentaine d’années lorsque les propriétaires la découvrent. Ils recherchent alors une maison de campagne où ils pourront accueillir leurs trois enfants, devenus grands. Les vastes proportions de celle-ci, son caractère rural et son environnement préservé les séduisent immédiatement. L’ampleur des travaux à prévoir les inquiète, cependant la rencontre avec l’architecte Mathieu Lenorman lève rapidement leurs derniers doutes. Architecte, décorateur et designer, ce dernier va gérer l’intégralité du chantier : redéfinition des volumes intérieurs, coordination des artisans et choix des matériaux. Le cahier des charges est simple : « respecter l’authenticité du lieu et son aspect global, conserver tout ce qui peut l’être et remplacer tout ce qui doit l’être en utilisant des matériaux nobles ». Au final, ils souhaitent « une ambiance traditionnelle, avec éventuellement ici ou là une touche de modernité ».

    Le respect des apparences

    Pour les propriétaires, l’un des atouts majeurs de la longère réside dans son beau bâti rustique composé de petites pierres blondes grossièrement taillées et de moellons apparents, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. Vieux d’environ 150 ans, les murs nécessitaient une sérieuse réfection pour retrouver leur blondeur d’origine. Leurs anciens joints ont été intégralement piochés pour libérer totalement la surface des pierres, alors nettoyées et brossées. Les joints de remplacement ont été préparés à l’ancienne (mélange de sable, chaux et ciment blanc). Les pierres n’ont fait l’objet, quant à elles, d’aucun traitement particulier, et ont été laissées dans leur état brut naturel.

    Toujours par respect du bâti originel, Mathieu Lenorman a limité la création d’ouvertures nouvelles. Au rez-de-chaussée, il s’est contenté d’élargir celles qui existaient déjà. L’étroite porte d’entrée principale a ainsi cédé la place à une baie vitrée à quatre vantaux, qui dessert aujourd’hui la terrasse orientée au sud. Trois autres portes existaient côté nord ; toutes ont été maintenues. De plus, la longère comportait sept petits châssis d’aération, hauts de 30 cm et larges de 50 cm. Ceux-ci ont été agrandis dans leur hauteur pour atteindre désormais 80 cm. L’étage ne comprenait que deux ouvertures : des portes hautes percées dans les pignons. Celles-ci ont été transformées en fenêtres, dont l’apport en lumière naturelle n’aurait pu suffire à tout l’étage. Ainsi, quatre lucarnes et deux châssis ont-ils été créés dans la toiture pour éclairer cette partie de la maison. Initialement couverte de dalles en ciment, façon ardoise, la toiture a été entièrement refaite. Aujourd’hui, elle arbore une couverture en tuiles plates dont les tonalités ocre se marient harmonieusement avec les teintes blondes des façades.

    La réorganisation des espaces intérieurs

    Bâtisse à vocation agricole, la longère ne comportait à l’origine qu’une pièce dévolue à la vie de ses habitants. Située au rez-de-chaussée, elle côtoyait plusieurs espaces réservés aux animaux (bergerie, étable...), tandis que l’étage accueillait les récoltes rentrées par les portes hautes des pignons. Au total, chaque niveau possédait une superficie d’environ 140 m2. Mathieu Lenorman a entièrement repensé l’organisation de cet espace. Afin de répondre au désir des acquéreurs, il a créé au rez-de-chaussée une très vaste pièce à vivre qui rassemble la cuisine, la salle à manger et le salon. L’ensemble couvre une superficie d’environ 100m2. L’ouverture de ces différentes pièces les unes sur les autres n’excluait pas une certaine démarcation entre elles.

    Ainsi la cuisine se retrouve-t-elle délimitée sur trois côtés par un meuble-bar, tandis que la distinction entre la salle à manger et le salon se trouve marquée par une surélévation du sol de 20 cm au niveau du salon, et l’ouverture du plancher au-dessus de ce dernier afin de créer un espace cathédrale. Une large cheminée se dresse enfin entre ces deux volumes. (Outre cette pièce à vivre, le rez-de-chaussée accueille également une suite parentale, un cellier, une chaufferie et un W.-C.).

    Articles sur le même thème...

    REPORTAGE

    Une extension comme un belvédère

    Dans le Perche, cette maison forestière profite d’une vue exceptionnelle grâce à une extension en bois avec...  Lire

    REPORTAGE

    La rénovation d'une immense longère

    Bâtie sur une ancienne motte féodale, cette longère typique du Perche affiche de belles proportions mises en...  Lire

    REPORTAGE

    Une authentique ferme savoyarde

    Avec des bâtiments inscrits dans la pente, un rez-de-chaussée maçonné et un haut fenil bardé de bois,...  Lire

    Rechercher RECHERCHER

    dans :

    S'ABONNER

    Maison&Travaux n°238

    Dans son numéro de janvier, Maison&Travaux vous propose un dossier spécial "s'agrandir" : des combles au sous-sol, découvrez comment gagner des mètres carrés.

    Facebook

    Boutique livres MT

    3 belles rénovations de maisons

    Agrandissement en rez-de-jardin

    Cette meulière typique de la banlieue parisienne a gagné de la lumière et 80 m² grâce à une extension en bois,...  Lire

    Des matériaux authentiques dans une maison innovante

    Près de Vannes, cette ancienne laiterie a été transformée en maison contemporaine. En rupture totale avec son passé...  Lire

    Déco design dans une demeure du 18e siècle!

    Avec son campanile, son manteau de briques rouges, sa toiture ondulante en tuiles canal et ses voûtes romanes,...  Lire