Elle serait restée à l’état de ruines si un couple de passionnés ne s’était attaché à la relever. Son beau caractère de ferme-manoir a été respecté pour l’agrément de ses hôtes de passage en bord de mer.
Dans les Côtes-d’Armor, entre terre et mer, le Trégor déroule ses paysages de landes, bois et prairies bordés entre autres par la Côte de Granit rose dont les rochers défient les lois de l’équilibre et par la Côte des Bruyères. C’est ici que Christian, originaire de ce pays, et Caroline son épouse achètent en 2001 une ferme-manoir.
Fidèle à l’esprit des lieux
Isolé au bout d’un chemin, le domaine se compose d’un petit manoir (XVIIe et XVIIIe siècles) dont la façade arrière domine une ancienne ferme. De type “maison bloc à terre”, les bâtiments (XVIIIe et XIXe siècles) s’étirent en enfilade et se rejoignent en équerre, formant une cour carrée. Un authentique patrimoine rural breton mais à l’article de la ruine. Seule la maison noble, encore habitée, garde fière allure avec ses façades soigneusement appareillées en granit, rythmées de baies bien alignées. Mais en apparence seulement. Faute d’entretien, les ardoises de la toiture prennent l’eau qui ruisselle sur la charpente, les planchers et les maçonneries. Le moral de nos hôtes n’est pourtant pas entamé.
Passionnés, optimistes et las de leur vie parisienne, Christian et Caroline préfèrent se projeter dans l’avenir, planifier les travaux, mûrir un projet d’accueil touristique. L’endroit ne manque pas de charme pour créer des chambres d’hôtes. Guide moniteur de pêche, Christian souhaite aussi faire partager sa passion pour les poissons (de rivière et de mer) et les sentiers côtiers qu’il aime parcourir. Quatre années de persévérance sont nécessaires pour déblayer les gravats, recréer planchers et charpentes, rechercher des matériaux de récupération. Conscients de l’intérêt patrimonial du manoir, ils constituent un dossier en 2004 pour le faire inscrire à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Un calendrier long mais indispensable pour trouver les artisans qualifiés, veiller à la qualité des interventions, suivre des stages de formation (association Tiez-Breiz) et réaliser eux-mêmes les aménagements intérieurs.
Humidité refoulée, chaleur maîtrisée
Passée l’entrée, on accède à la cour de l’ancienne ferme bordée par un chemin pavé. Bâti en 1787, la première dépendance en délimite la partie est. A ciel ouvert, les murs de cette étable étaient envahis par la végétation et gorgés d’eau. Après débroussaillage, les maçonneries sont consolidées, relevées et rejointoyées à la chaux hydraulique naturelle (entreprise Bernard Clec’h). Traversé par des sources, le terrain doit être drainé pour empêcher l’eau de stagner au bas des fondations. Une tranchée est creusée pour y poser des drains puis remblayée de matériaux à granulométrie décroissante (les particules fines en haut ne sont pas entraînées par l’eau dans les vides de la couche inférieure). Le sol en terre battue est lui-même décaissé (70 cm de profondeur) et drainé. La fouille est comblée de graviers (50 cm d’épaisseur) et stabilisée avec une dalle de mortier de chaux additionné de billes d’argile expansé. Après séchage, un chauffage par le sol est installé sur cette dalle isolante puis recouvert d’une chape d’enrobage, elle-même habillée de terres cuites de récupération. Ainsi isolée de l’humidité du sous-sol et dotée d’un plancher chauffant, la bâtisse n’en est que plus confortable.
Isolée du froid et du bruit
Ruinés par les intempéries, charpente et plancher doivent être recréés en tenant compte du projet d’aménagement d’une chambre sous les combles (charpentier Yves Rihouay). Après avoir déterminé un niveau de plancher (situé à 80 cm en retrait des murs de façade) conçu pour offrir un volume habitable confortable, les extrémités des solives en chêne sont scellées dans des réservations ménagées dans la maçonnerie (de façade à façade). Puis l’ensemble est recouvert de planches de coffrage (27 mm d’épaisseur). Contre les bruits d’impact du plancher, un “caisson isolant” est prévu. De 20 cm d’épaisseur, il se compose d’une sous-couche isolante (Phaltex) et d’une chape (chaux et billes d’argile expansée) désolidarisée en périphérie par des bandes résilientes. Après séchage, une trame de lambourdes est mise en place sur laquelle est cloué un parquet en chêne massif à lames larges – largeur 18 cm x L 80 cm à 110 cm, 22 mm d’épaisseur (Josse). Hissée à l’aide d’une grue, la charpente est constituée de fermes à entrait retroussé soutenues par des jambes de forces et des blochets (pièce de bois qui solidarise).
Dans le Perche, cette maison forestière profite d’une vue exceptionnelle grâce à une extension en bois avec... Lire
Bâtie sur une ancienne motte féodale, cette longère typique du Perche affiche de belles proportions mises en... Lire
Avec des bâtiments inscrits dans la pente, un rez-de-chaussée maçonné et un haut fenil bardé de bois,... Lire
Dans son numéro de janvier, Maison&Travaux vous propose un dossier spécial "s'agrandir" : des combles au sous-sol, découvrez comment gagner des mètres carrés.
Cette meulière typique de la banlieue parisienne a gagné de la lumière et 80 m² grâce à une extension en bois,... Lire
Près de Vannes, cette ancienne laiterie a été transformée en maison contemporaine. En rupture totale avec son passé... Lire
Avec son campanile, son manteau de briques rouges, sa toiture ondulante en tuiles canal et ses voûtes romanes,... Lire