De construction récente, ce chalet s’intègre harmonieusement au bâti traditionnel savoyard de la vallée des Belleville, dont il reprend les principaux codes architecturaux. Bois et pierre sont à l’honneur !
À l’origine de ce chalet : un couple d’Anglais amoureux de la Tarentaise, de son patrimoine architectural et de ses pistes de ski. Ceux-ci cherchaient un chalet ancien à rénover. Toutefois, l’absence d’offre dans le village qui les intéressait et la rencontre avec un promoteur immobilier de la SARL Le Nant du Four a infléchi leur projet. La perspective d’une construction contemporaine et fonctionnelle, bien insérée dans le bâti environnant, a finalement emporté leur suffrage. Sa réalisation a été confiée à l’architecte Linda Jay, fondatrice de l’agence Créalp’Architecture.
Les propriétaires désiraient un chalet dans le style régional, avec un habillage extérieur associant pierre et bois. La construction devait s’organiser sur trois niveaux : un pour les enfants, un pour les parents et un réservé aux pièces à vivre largement ouvertes les unes sur les autres. Afin de profiter de la vue et de l’ensoleillement, de larges ouvertures vitrées étaient envisagées à chaque étage. Enfin, ils souhaitaient la construction d’une petite annexe, sur le modèle des greniers traditionnels, pour y installer un appartement destiné à recevoir les amis.
Outre les désirs de ses commanditaires, l’architecte devait composer avec les règles d’urbanisme édictées par la municipalité. Le futur chalet présenterait donc impérativement un faîtage orienté dans le sens de la pente, des parties en habillage pierre plus importantes que celles en bois et des ouvertures plus hautes que larges. Insérée dans le bâti villageois, la parcelle à construire constituait une dernière contrainte. Située dans une pente, celle-ci présente globalement la forme d’un rectangle tronqué au nord. Elle apparaît en outre bordée par d’étroites ruelles, situation qui impliquait une réflexion sur l’intimité future de ses résidents.
Les limites de la parcelle ont déterminé en grande partie les plans de l’architecte. Le chalet, comme prévu, s’organise sur trois niveaux, en volumes spacieux. Le chantier a débuté par la mise en œuvre d’une plateforme intégrée dans la pente, avec surélévation de la dalle pour créer un vide sanitaire. L’ensemble de la construction est en béton armé. Les murs ont été coulés sur place, entre des banches métalliques. Cette technique permet d’offrir une bonne stabilité et de mieux résister à la pression du terrain. Chaque étage repose sur une dalle en béton. Celle du premier étage se prolonge au-dessus du garage et porte la terrasse qui fait la jonction avec l’annexe.
Les murs extérieurs ont été habillés d’un parement indépendant épais de 20 centimètres en pierres de pays, monté sur la semelle du bâtiment et maçonné avec un mortier de ciment. Celui qui forme la façade arrière a été remblayé sur un niveau, afin d’intégrer la maison à la pente et d’ouvrir une ouverture de plain-pied au premier étage. Toute l’isolation du chalet a été faite par l’extérieur. Deux couches croisées de « Styrodur » (BASF) ont été installées entre les murs de béton et le mur de pierre. Ces panneaux de polystyrène extrudé de 5 centimètres d’épaisseur (R = 2,17) sont d’un assemblage facile grâce à leur système de rainures et languettes.
Les parties hautes ont été habillées d’un bardage en planches d’épicéa de récupération. La charpente a été également réalisée à partir de bois d’épicéa (entreprise Alpes Charpentes). Les chevrons et les pannes ont été grossièrement équarris afin d’offrir un aspect rustique. Tous les bois utilisés sur le chantier ont été protégés par une lasure. Non filmogène, elle permet de conserver l’aspect naturel du bois et simplifie l’entretien. La couverture est en ardoises de pays clouées. De l’extérieur, le chalet reprend les couleurs des pentes rocheuses voisines et se fond harmonieusement dans le paysage. Au total, sa construction a duré un peu plus de sept mois.
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