Maison & Travaux > Tous les reportages > Tous les intérieurs classiques > Un chalet entre modernité et tradition

Un chalet entre modernité et tradition

De construction récente, ce chalet s’intègre harmonieusement au bâti traditionnel savoyard de la vallée des Belleville, dont il reprend les principaux codes architecturaux. Bois et pierre sont à l’honneur !

ZOOM

Tourné vers la vallée, le chalet présente de nombreuses ouvertures, plus hautes que larges afin de respecter les règles d’urbanisme en usage dans la commune. Les châssis fixes sous toiture épousent la structure de la charpente.

Formant un vaste cocon blond et confortable d’environ 25 m2, le salon-séjour se structure autour d’une cheminée en pierre et bois, qui occupe l’espace central. Canapés, plaids et coussins invitent ainsi à un repos douillet au coin du feu.

Présent du sol au plafond, chaleureux, le bois domine (chêne et épicéa). En plus de la cheminée, le chauffage est assuré par un câble chauffant sur trame, noyé dans une chape flottante sur laquelle est fixé le parquet.

La cheminée repose sur un socle, enserré de deux piliers en béton habillés de pierres. Installé sur des dalles de granit, le foyer fermé s’ouvre de trois côtés. La hotte est recouverte de bois de récupération.

La cuisine allie matériaux anciens et contemporains : crédence en Inox, piano de cuisson Falcon côtoient un sol de marbre, des murs traités à la chaux cirée, des meubles et un plafond en vieux bois.

Les façades des linéaires de cuisine, en bois de récupération, dissimulent des rangements astucieux, comme ce placard «magic corner» qui permet d’exploiter le volume en angle.

La cuisine est partiellement séparée du salon-salle à manger par un meuble banque judicieusement équipé de rangements qui s’ouvrent des deux côtés. Le vaste plan de travail en «U» est réalisé en granit, coloris «Shivakashi» flammé brossé (Pierramide).

Installée au dernier étage, sous la charpente apparente, la suite parentale a bénéficié de l’ouverture d’une vaste lucarne. Orientée au sud et équipée de deux portes-fenêtres ouvrant sur un balcon, elle bénéficie d’un apport considérable de lumière.

La baignoire en acier émaillé (Bette) a reçu un tablier en bois ancien. Située au centre de la salle de bain, sous une fenêtre de toit (Velux), elle réverbère la lumière naturelle qui entre à flots.

Ce meuble réalisé sur mesure en bois ancien est coiffé d’un marbre poli «Petra dune». Sous plan, les vasques («Ovale», Jacob Delafon) sont équipées d’un mélangeur monotrou («Axor Terrano», Hansgrohe

    À l’origine de ce chalet : un couple d’Anglais amoureux de la Tarentaise, de son patrimoine architectural et de ses pistes de ski. Ceux-ci cherchaient un chalet ancien à rénover. Toutefois, l’absence d’offre dans le village qui les intéressait et la rencontre avec un promoteur immobilier de la SARL Le Nant du Four a infléchi leur projet. La perspective d’une construction contemporaine et fonctionnelle, bien insérée dans le bâti environnant, a finalement emporté leur suffrage. Sa réalisation a été confiée à l’architecte Linda Jay, fondatrice de l’agence Créalp’Architecture.

    Un cahier des charges contraignant

    Les propriétaires désiraient un chalet dans le style régional, avec un habillage extérieur associant pierre et bois. La construction devait s’organiser sur trois niveaux : un pour les enfants, un pour les parents et un réservé aux pièces à vivre largement ouvertes les unes sur les autres. Afin de profiter de la vue et de l’ensoleillement, de larges ouvertures vitrées étaient envisagées à chaque étage. Enfin, ils souhaitaient la construction d’une petite annexe, sur le modèle des greniers traditionnels, pour y installer un appartement destiné à recevoir les amis.

    Outre les désirs de ses commanditaires, l’architecte devait composer avec les règles d’urbanisme édictées par la municipalité. Le futur chalet présenterait donc impérativement un faîtage orienté dans le sens de la pente, des parties en habillage pierre plus importantes que celles en bois et des ouvertures plus hautes que larges. Insérée dans le bâti villageois, la parcelle à construire constituait une dernière contrainte. Située dans une pente, celle-ci présente globalement la forme d’un rectangle tronqué au nord. Elle apparaît en outre bordée par d’étroites ruelles, situation qui impliquait une réflexion sur l’intimité future de ses résidents.

    De la conception à la réalisation

    Les limites de la parcelle ont déterminé en grande partie les plans de l’architecte. Le chalet, comme prévu, s’organise sur trois niveaux, en volumes spacieux. Le chantier a débuté par la mise en œuvre d’une plateforme intégrée dans la pente, avec surélévation de la dalle pour créer un vide sanitaire. L’ensemble de la construction est en béton armé. Les murs ont été coulés sur place, entre des banches métalliques. Cette technique permet d’offrir une bonne stabilité et de mieux résister à la pression du terrain. Chaque étage repose sur une dalle en béton. Celle du premier étage se prolonge au-dessus du garage et porte la terrasse qui fait la jonction avec l’annexe.

    Les murs extérieurs ont été habillés d’un parement indépendant épais de 20 centimètres en pierres de pays, monté sur la semelle du bâtiment et maçonné avec un mortier de ciment. Celui qui forme la façade arrière a été remblayé sur un niveau, afin d’intégrer la maison à la pente et d’ouvrir une ouverture de plain-pied au premier étage. Toute l’isolation du chalet a été faite par l’extérieur. Deux couches croisées de « Styrodur » (BASF) ont été installées entre les murs de béton et le mur de pierre. Ces panneaux de polystyrène extrudé de 5 centimètres d’épaisseur (R = 2,17) sont d’un assemblage facile grâce à leur système de rainures et languettes.

    Les parties hautes ont été habillées d’un bardage en planches d’épicéa de récupération. La charpente a été également réalisée à partir de bois d’épicéa (entreprise Alpes Charpentes). Les chevrons et les pannes ont été grossièrement équarris afin d’offrir un aspect rustique. Tous les bois utilisés sur le chantier ont été protégés par une lasure. Non filmogène, elle permet de conserver l’aspect naturel du bois et simplifie l’entretien. La couverture est en ardoises de pays clouées. De l’extérieur, le chalet reprend les couleurs des pentes rocheuses voisines et se fond harmonieusement dans le paysage. Au total, sa construction a duré un peu plus de sept mois.

    Articles sur le même thème...

    REPORTAGE

    Une extension comme un belvédère

    Dans le Perche, cette maison forestière profite d’une vue exceptionnelle grâce à une extension en bois avec...  Lire

    REPORTAGE

    La rénovation d'une immense longère

    Bâtie sur une ancienne motte féodale, cette longère typique du Perche affiche de belles proportions mises en...  Lire

    REPORTAGE

    Une authentique ferme savoyarde

    Avec des bâtiments inscrits dans la pente, un rez-de-chaussée maçonné et un haut fenil bardé de bois,...  Lire

    Rechercher RECHERCHER

    dans :

    S'ABONNER

    Maison&Travaux n°238

    Dans son numéro de janvier, Maison&Travaux vous propose un dossier spécial "s'agrandir" : des combles au sous-sol, découvrez comment gagner des mètres carrés.

    Facebook

    Boutique livres MT

    3 belles rénovations de maisons

    Agrandissement en rez-de-jardin

    Cette meulière typique de la banlieue parisienne a gagné de la lumière et 80 m² grâce à une extension en bois,...  Lire

    Des matériaux authentiques dans une maison innovante

    Près de Vannes, cette ancienne laiterie a été transformée en maison contemporaine. En rupture totale avec son passé...  Lire

    Déco design dans une demeure du 18e siècle!

    Avec son campanile, son manteau de briques rouges, sa toiture ondulante en tuiles canal et ses voûtes romanes,...  Lire