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Histoire d'une maison neuve

Située en pays d’Auge, la bâtisse à pans de bois offre l’apparence d’une maison ancienne tant elle reproduit avec talent le style régional. Construite récemment, elle s’offre en exemple aux visiteurs qui y trouvent l’inspiration nécessaire à la rénovation de leur propre maison.

ZOOM

De style normand, la longère séduit par ses proportions. De longues pentes de toit surplombent une façade basse. Les fenêtres en bois s’équipent d’un vitrage antieffraction (« Stadip Protect » de Saint-Gobain Glass).

Entre des murs isolés et revêtus de planches de récupération, patinées en gris, la cuisine s’équipe d’une pierre d’évier monumentale provenant d’un monastère. Engravée dans le mur, elle est supportée par deux murets montés en briques.

L’épaisseur des murs crée l’illusion de vieux murs épais. Construits en parpaings, ces murs de refend sont associés à des retours qui, eux-mêmes, engendrent des renfoncements utilisés soit en rangements ouverts, soit pour y encastrer le barbecue.

Le piano de cuisson bénéficie d’une hotte dissimulée derrière la retombée du plafond. Des chutes de pierre taillées en carreaux habillent la crédence.

Le foyer surélevé s’utilise en barbecue à l’heure des repas autour de la grande table centrale. En dessous, on range le matériel de cuisson dans des tiroirs habillés de tôle noire.

Des pans de cloison en bois, ajoutés selon les besoins, offrent la profondeur nécessaire à l’encastrement des appareils et des caissons de rangement standard.

Les murs du salon ont été isolés par de la laine de verre et une contre-cloison montée en briques plâtrières. Celles-ci ont été recouvertes, en guise de finition, d’un plâtre (« Lutèce Bleu », Placoplatre) teinté de pigments, ocres naturels.

Inondé de lumière, le séjour s’illustre par la cheminée en pierre de Caen qui réchauffe l’atmosphère. Elle est engravée dans le mur pour s’ajuster au nu de la poutre maîtresse.

Dans le bureau, l’ambiance feutrée résulte des coloris contrastant entre l’intérieur et l’extérieur des armoires en planches, à façades grillagées. L’éclairage intégré accentue l’effet d’écrin.

Porte et fenêtre s’inscrivent entre les meubles éclairés du bureau. En rez-de-chaussée de la longère, cette pièce peut également faire office d’entrée. D’autant que c’est à partir de ce cabinet de travail que l’on accède aux chambres sous combles.

Au sol, le parquet « Versailles » revisité est un assemblage de planches de récupération qui dessine des carrés. Emboîtées par rainures et languettes, les planches s’inscrivent dans un cadre de 6 cm de largeur. L’ensemble est collé sur la chape.

L’escalier principal débouche sur le couloir qui distribue les chambres aménagées sous combles. La charpente traditionnelle à entraits retroussés est munie de jambes de force qui compensent l’entrait bas. Au sol, le parquet ancien est collé sur la chape allégée.

La chambre du fond communique avec un sas d’entrée que dessert l’escalier extérieur. La cloison séparative est constituée, comme les autres, d’une ossature en bois habillée de planches lasurées. Un isolant est intégré dans son épaisseur.

Lovée sous la pente du toit, une petite salle de bains s’équipe également d’un plan vasque en pierre avec un chant rapporté donnant une forte épaisseur. Un meuble composé de planches de récupération supporte l’ensemble. En vis-à-vis, se trouve une baignoire en fonte confortable.

Au bout de la maison, un escalier extérieur en bois dessert une pièce sous combles. Il est protégé par la toiture à croupe triangulaire.

    Bâtie tout en longueur au coeur d’un champ de pommiers, la maison de style normand conjugue son apparence traditionnelle avec un confort intérieur actuel et une décoration raffinée. Dès l’approche, on imagine aisément qu’à l’intérieur l’ambiance cossue et chaleureuse est protégée par la structure à pans de bois entre lesquels s’inscrit une succession de fenêtres.

    Bienvenue à la cuisine
    Coiffée d’un plafond blanchi à la chaux, la cuisine située au coeur de la maison est une grande pièce conviviale qu’un mur de refend construit en parpaings de 20 cm d’épaisseur sépare des pièces contiguës. Entre le séjour et la cuisine, le mur offre un appui aux cheminées implantées dos-à-dos. Côté cuisine, un retour de mur associé à un muret en briques forment une niche dans laquelle le foyer en briques réfractaires vient s’encastrer à mi-hauteur, pour laisser en dessous un espace de rangements composé de tiroirs à façades en tôle noire de 3 mm d’épaisseur.

    Dans le prolongement du foyer, se trouve le piano de cuisson (Lacanche) dont l’impression d’encastrement résulte (comme pour le foyer) de la retombée de plafond, à distance du mur du fond. Grâce à ce décalage, l’évacuation des fumées est garantie de deux façons : d’une part par un conduit placé au-dessus du foyer et d’autre part par un groupe filtrant à évacuation extérieure (Novy), au-dessus du piano. L’éclairage que celui-ci diffuse jette un halo de lumière sur la crédence habillée de chutes de pierres retaillées en 14 x 14 cm et posées sans joints.

    Il est à remarquer que la porte de communication vers le salon s’aligne au nu du retour de mur qui ferme le côté du foyer et se prolonge d’un pan de cloison qui rejoint le mur de façade. En franchissant la porte, on se demande alors si celle-ci n’a pas été ouverte dans un gros mur porteur, comme il en existe traditionnellement dans les vieilles bâtisses, et si les niches de rangements qui font face au mur de retour en parpaings n’ont pas été creusées à la force du poignet ! La pièce maîtresse de cette cuisine, au centre de laquelle se déploie une grande table, est la pierre d’évier. Provenant d’un monastère, ses angles saillants ont été retaillés en arrondi pour éviter les heurts. Compte tenu de son format (L 160 x P 73 cm), son poids est très élevé, et a imposé de la sceller au mur en plus de lui offrir deux supports en briques.

    Salon cocon
    Enveloppée de murs ocrés, la pièce feutrée rassemble les hôtes autour de sa cheminée de style Louis XIII datée du XVIe siècle. Taillée en pierre de Caen, elle est enchâssée dans le mur et paraît très haute avec la sole foyère placée au niveau du sol. Celui-ci est entièrement revêtu de pierres de Bourgogne posées en bandes de différentes largeurs sur un système de chauffage électrique intégré. De part et d’autre de la cheminée, les portes de communication fluidifient les déplacements dans la maison et dégagent la perspective sur l’enfilade des pièces. Il en résulte un effet galerie accentué par des miroirs muraux encadrés comme des tableaux. Les murs extérieurs isolés sont doublés d’une contre cloison en briques plâtrières. Un plâtre teinté d’ocres naturels les recouvre.

    Le bureau accueillant
    Toute la pièce est ceinturée d’armoires grillagées réalisées avec des lames de parquet. La partie supérieure peinte en rouge est valorisée par des guirlandes lumineuses intégrées sous les alèses qui bordent les étagères. Les beaux livres et objets de collection attirent le regard tant ils paraissent protégés dans leur écrin. En partie basse, les rangements fermés dissimulent tout ce qui mérite de l’être. A la différence des autres pièces, le revêtement de sol est ici en bois de récupération. Les planches ont été appareillées de manière à composer des carrés encadrés de 70 cm de côté. Chaque carré se compose de planches assemblées par rainures et languettes, et enchâssées dans un cadre de 6 cm de largeur. Un parquet « Versailles » façon campagne... Tous les éléments sont directement collés sur la chape qui enrobe le câblage électrique de chauffage. C’est à partir du bureau que l’on accède à l’étage en s’engageant dans un escalier à quart tournant, lui aussi issu d’une récupération.

    Dans les combles
    Charme et volupté... Les combles donnent envie d’arrêter le temps dès que l’on franchit la dernière marche de l’escalier. Savoureusement douillet, cet espace joue avec les ombres et les lumières, accommode les couleurs avec talent et nous enveloppe dans ses structures bois protectrices. Le toit en ardoises posées sur un platelage en voliges est parfaitement isolé par 20 cm de laine de verre et un écran de sous-toiture. En sous face, l’habillage se compose de vieilles planches clouées sur un contre chevronnage. Un freine vapeur coupe les courants d’air tout en favorisant l’évacuation progressive des vapeurs d’eau émises de l’intérieur. Les cloisons qui séparent les pièces entre elles et délimitent le couloir de distribution sont également en bois pour éviter les surcharges et préserver l’esprit du lieu. Elles sont constituées d’une ossature en bois habillée de part et d’autre de planches qui prennent en sandwich une laine minérale.

    Reportage réalisé par Catherine Levard. Photos Antonio Duarte. Réalisation Les Compagnons D'Ovraignes
    Maison&Travaux N°223 Mars 2010

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