Située à l’entrée d’un hameau, la maison quercynoise laissée à l’abandon a retrouvé tout son lustre dans le respect des traditions. Du temps, de la passion, de l’aide et des bons conseils… Voici l’histoire d’une réhabilitation respectable et respectueuse.
Pour rénover cette maison qui, ces dernières années servait de hangar agricole, il a fallu conjuguer courage et détermination. C’était un rêve d’enfant pour ce fils d’agriculteur passionné de nature. Quelques éléments caractéristiques du XVIe siècle ne laissent aucun doute sur l’origine de la maison. En lieu et place de certaines fenêtres, des meurtrières laissaient passer un rai de lumière et sous l’une d’elles la présence d’un coussiège (banc ménagé dans l’embrasure d’une fenêtre) indique qu’ici, on montait la garde. Surprise également en piquetant un mur de découvrir qu’il condamnait un magnifique évier en pierre dont la forme très particulière conserve encore sa part de mystère. Au sol, des restes de pisé côtoyaient des dalles en pierre appareillées comme un puzzle, les murs jointés à la terre étaient revêtus d’un enduit de chaux. Et sans doute, la cheminée de la partie la plus ancienne fut-elle ajoutée au début du XVIIIe siècle.
Des agrandissements successifs
La maison forte a été allongée au XVIIIe siècle pour loger les membres d’une famille grandissante. Cette partie construite au-delà de l’évier comporte une cheminée datée de la fin du XVIIIe siècle. Enfin, au XIXe siècle, une aile attenante à la première partie a été ajoutée pour stocker les produits agricoles dont le vin, la truffe, les noix et le tabac qui ont enrichi les propriétaires avant que les maladies ne détruisent toutes ces ressources naturelles. Les machines agricoles leur ont succédé jusqu’au départ en retraite du père du propriétaire actuel qui pouvait enfin réaliser son rêve : restaurer cette magnifique bâtisse avec des matériaux sains pour y couler des jours heureux.
Un sol recomposé
Du pisé et des dalles en pierre se partagent la surface de sol en terre battue du premier agrandissement. Ce fût un travail de longue haleine de récupérer les éléments dispersés pour recomposer un sol en calade avec ce qu’il en restait. Le pisé se compose de milliers de petites pierres taillées en biseau et « plantées » individuellement avec un maillet les unes à côté des autres dans un lit de chaux (3 seaux de sable + 1 seau de chaux NHL 3). Après la prise, un coulis de chaux remplit les joints. Il est composé de sable très fin, de chaux blanche NHL 3 et d’un peu de terre de jardin pour foncer la teinte. Un sérieux nettoyage a éliminé les dépôts en surface. Les dalles de pierre ont également été posées sur un lit de chaux et jointoyées de la même manière, sachant que leurs formats multiples constituent un puzzle dont les pièces s’emboîtent à la perfection… L’ensemble a été protégé avec un produit hydro-oléofuge sans laisser de brillance (« Protectguard » de Guard Industrie).
Des murs repris avec modération
Les pierres apparentes portent par endroits les stigmates des enduits qui les recouvraient. Les joints défaillants en terre ont simplement été repris avec un enduit de sable et de chaux aérienne qui recouvre également les soubassements très endommagés. Toutefois, le mur orienté au nord bénéficie d’une finition plus adaptée à son exposition. Il a été revêtu d’un enduit isolant de chanvre et chaux déposé en deux passes sur un gobetis, non sans avoir préalablement remis le mur à nu. Un liant à base de chaux aérienne (Tradical PF80) a été mélangé à du «Chanvribat» des granulats de chanvre (Balthazard & Cotte) pour réaliser cet enduit régulateur d’humidité, sain pour le bâtiment et pour ses occupants. En hiver, ce mur n’est pas froid.
Une cuisine simple et technique
Deux grands blocs parallèles et distants de 90 cm s’inscrivent en îlots au coeur de la grande pièce pour en ponctuer le volume et constituer la cuisine. Leur structure en béton cellulaire associe des carreaux de 5 cm d’épaisseur pour les joues et les jambages intermédiaires, et de 7 cm pour les fonds. Les plans de travail en béton armé coulé sur 9 cm d’épaisseur ont été revêtus comme la structure d’un enduit béton coloré à grain très fin en deux passes talochées et lissées (il existe une multitude de coloris chez Mercadier). Contre les taches de toute nature, il a fallu traiter ces surfaces poreuses avec un durcisseur bouche-pores avant d’appliquer un vernis. Des étagères ouvertes recueillent le matériel dans la première structure, l’électroménager est concentré de l’autre côté permettant de regrouper les branchements électriques de la table de cuisson (Ikea), du four (Brandt) et de la hotte (Sauter) à l’intérieur d’un grand coffrage en bois dressé entre l’îlot et le plafond.
L’ancienne ferme a été restaurée et agrandie pour devenir maison de famille. Aménagements originaux, matériaux... Lire
De construction récente, ce chalet s’intègre harmonieusement au bâti traditionnel savoyard de la vallée des... Lire
Située en pays d’Auge, la bâtisse à pans de bois offre l’apparence d’une maison ancienne tant elle reproduit... Lire
Rénover un plancher, construire une cloison transparente dans la cuisine, choisir une vasque, pour la rentrée, Maison&Travaux vous donne plein d'astuces déco !
Une période placée sous le signe de la bonne humeur qui hisse et ose les associations de couleurs à grands renforts... Lire
On les croirait tout droit sortis d’un film de Jacques Tati! Avec des formes arrondies, des pieds très fins en... Lire
Louis-Philippe, Louis XV ou Louis XVI…Des classiques qui dépassent les modes ! Éternelle source d’inspiration pour... Lire