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Esprit maison de vacances

Une décoration remise au goût du jour, des aménagements mieux adaptés et une charpente refaite à neuf ; les propriétaires ont engagé une réhabilitation qui fait la part belle aux volumes, à la fluidité entre les espaces et à la détente.

ZOOM

La toiture de cette belle demeure a été intégralement refaite avec des tuiles canal de récupération qui déclinent un beau camaïeu d’ocre. Un platelage (en lames de 5 mètres, largeur 12 cm, épaisseur 32 mm, assemblées à rainures et languettes) présente sous le rampant une face décorative, et forme un support extérieur continu. Ce dernier est recouvert d’un isolant puis d’un contre-chevronnage sur lequel sont cloués liteaux et contre-liteaux, support des éléments de couverture solidarisés au mastic colle silicone. (Couvreur Stéphane Michaud)

La façade sud s’ouvre sur une terrasse de tuf calcaire (travertin) en harmonie avec la pierre de taille. Une dalle de béton préalablement coulée a été recouverte d’une chape de mortier (5 à 10 cm d’épaisseur suivant la pente : 1 cm/m). Puis les dalles de pierre (épaisseur 1,5 cm) ont été fixées par double encollage et jointoyées avec un mortier hydrofugé, en suivant un calepinage qui a requis quatre formats différents. (Mise en oeuvre Ludo Carreleur)

De facture simple mais de style contemporain, la cheminée est formée d’un insert (Stuv) encastré dans une structure maçonnée en parpaings. Un enduit béton à l’aspect aquarellé fait le décor (Groupe Rocha). Derrière cette façade, se logent des étagères, de part et d’autre du conduit d’évacuation des fumées, en inox.

Désormais visibles, les fermes de la nouvelle charpente structurent en beauté le volume du séjour baigné d’une généreuse clarté. Au fond, on remarque l’enrayure formée par la jonction de la ferme d’extrémité et des demi-fermes d’angle et d’arêtier (charpenterie Michel Vaccarin). Au sol, de grandes dalles de grès ont été posées par double encollage sur une dalle de béton surfacée avec une chape liquide. Facile d’entretien, elles habillent la plupart des sols. (Ludo Carreleur)

Accessible par deux entrées –côté cour et côté jardin–, le couloir central traverse la maison pour desservir les pièces. Des portes de placard persiennées prennent place à l’arrière du « bloc-cuisine » (menuiserie Michel Vaccarin). Habillé de plaques de plâtre et d’une corniche, cet ensemble bien proportionné structure joliment l’espace sans le cloisonner. La ferme de la charpente n’en est que plus apparente.

Espace de transition fonctionnel et convivial, entre le séjour et la cuisine, l’îlot est formé d’une structure en épais panneaux d’aggloméré. Il est recouvert d’un enduit de finition ferré puis ciré (Groupe Rocha). La table de cuisson à induction est coiffée d’une hotte suspendue, ronde, dotée d’un éclairage. Des rangements coulissants équipent toute la longueur de l’îlot. A droite, le « bloccuisine » comprend un plan de travail, l’évier en inox, des placards bas, un lavevaisselle et le réfrigérateur. Un bandeau (il couronne de la même façon le côté couloir) intègre un éclairage basse tension.

Le plan de travail en béton ciré s’étire d’un bout à l’autre du « bloccuisine ». En crédence, des carreaux de verre, teintés blanc et gris (grâce à un procédé d’émaillage spécifique), protègent et décorent le mur (format 30 x 10 cm, épais. 8 mm, Villiglass chez Louceram).

La chambre parentale occupe l’angle arrière de la maison. Comme dans le séjour, la ferme à enrayures contribue au décor tandis qu’une corniche et le fond d’un rangement (celui-ci accessible depuis la salle-de-bains) structurent le volume. A l’intérieur de ce renfoncement, la tête de lit trouve sa place. Le linéaire penderie aux portes persiennées et la salle de bains sur le côté participent à l’harmonie de cet ensemble.

Ouverte et très minérale, la salle de bains toute de plainpied s’organise autour d’un muret central contre lequel s’adosse le plan de toilette en bois exotique. Un miroir rectangulaire prolongé jusqu’au plafond concourt à la sensation d’espace tout en occultant partiellement la douche située derrière. De type à l’italienne (sans receveur), elle s’inscrit entre des parois formées de plaques de plâtre hydrofugées. De grandes dalles en grès cérame (60 x 120 cm) fixées au mortier-colle viennent les habiller. Des galets sur trame (40 x 40 cm, Island Stone) sont collés au sol sur une chape de mortier hydrofugé. Montés en carreaux de béton cellulaire, les murets délimitent l’espace douche dont l’ensemble des surfaces (horizontale et verticale) est protégé par une natte d’étanchéité, collée, en polyéthylène (« Schlüter-Kerdi » de Schlüter Systems). Robinetterie Fantini : distributeurs sur www.fantini.it. (Entreprise Ludo Carreleur)

    Depuis la rue, presque rien ne laisse entrevoir le charme de cette propriété bâtie en pierre de taille ! A l’entrée, côté nord, une fois passée la vieille grille, une allée fleurie et arborée nous entraîne vers une cour gravillonnée, bordée de belles dalles calcaires. Côté sud, la maison s’ouvre sur un grand jardin agrémenté d’une piscine ceinturée d’une plage en ipé. Un havre de paix dont l’origine demeure incertaine...

    Un état des lieux trompeur
    Couronnée d’une corniche, cette belle charentaise semble hésiter entre le style « échoppe bordelaise » de plain pied et l’architecture d’une « maison de maître ». Edifiée vers 1850, elle étire ses façades en blocs de pierre de taille, ajourées de baies bien proportionnées et régulières. S’agit-il d’un mess jadis fréquenté par les officiers d’un fort voisin, ou d’une ancienne auberge comme le suggère une enseigne peinte ? Une chose est sûre : pour saine qu’elle puisse paraître, cette demeure était en péril. En dépit d’un diagnostic termites, les charpentes menaçaient de céder.

    Les fermes dissimulées sous un faux-plafond en plaques de plâtre ressemblaient plus à un réseau de galeries qu’à du bois massif ! En bon état, les aménagements intérieurs n’étaient, eux, plus très actuels. Cette situation a motivé les propriétaires à faire appel aux architectes Brigitte Lachaud et Hubert Xhigness. « La réhabilitation incluait deux aspects, l’un structurel, l’autre lié à l’agencement, expliquent-ils. Il fallait remplacer les charpentes, isoler et couvrir les toitures tout en revoyant les aménagements intérieurs qui ne correspondaient pas aux modes de vie des nouveaux occupants ».

    Charpente et volume à l’honneur
    En quête de détente, nos hôtes désirent une maison de vacances lumineuse à la fois ouverte et structurée. En réponse, les maîtres d’ouvrage proposent de déposer les faux plafonds (111 mètres carrés) pour libérer le volume des combles et valoriser les nouvelles fermes. De même, ils suggèrent de décloisonner la cuisine pour l’ouvrir sur le séjour via un îlot central associant plan de travail et coin bar. Les deux chambres et leurs salles de bains seront réorganisées pour privilégier l’accès et le confort. Enfin, une terrasse accessible depuis le séjour assurera la transition vers le jardin. Côté calendrier, ce projet de rénovation (étude et travaux) s’est échelonné sur un an environ (mi-2007 à mi-2008), avec « un suivi de travaux très régulier comme l’exige ce type de rénovation sur-mesure », concluent Brigitte Lachaud et Hubert Xhigness. L’entrée de la maison s’ouvre sur un couloir central qui dessert les pièces distribuées de part et d’autre. Passée cette entrée, on découvre le grand volume du séjour (sur la gauche) où cohabitent salon, cuisine et coin-repas.

    Orienté au sud, il profite d’une généreuse clarté grâce aux sept baies dont deux portesfenêtres qui s’ouvrent sur le jardin. Vedette des lieux, la nouvelle charpente expose ses belles membrures à tenons-mortaises chevillées. En sapin blanc, elle compte quatre fermes (structure triangulaire indéformable) dont deux enrayures (assemblage d’éléments de charpente rayonnant autour d’un poinçon) qui soutiennent à chaque extrémité les trois versants du toit. Celle qui occupe l’angle du séjour est la plus spectaculaire : elle naît du croisement des demi-fermes de croupe et d’arêtiers. Autour du poinçon central rayonnent en toute harmonie les contrefiches et les entraits. Lambrissés de bois clair, les rampants rythmés de pannes peintes d’un gris pâle ne sont pas sans rappeler l’architecture coloniale (menuiserie et charpente, Michel Vaccarin). Au sol, de grandes dalles de grès cérame (60 centimètres de côté) apportent une note contemporaine et facilitent l’entretien de la maison (160 mètres carrés). A « bords droits rectifiés », elles sont posées avec des joints très fins et graphiques (Ludo Carreleur).

    Une cuisine aux bons offices
    Jadis cloisonnée, la cuisine dialogue désormais sans complexe avec le séjour par l’intermédiaire d’un îlot central en béton ciré (hauteur 1,30 mètre sur 3,20 mètres de long). Côté zones de préparation, il associe les fonctions de plan de travail, table de cuisson, et intègre des chariots coulissants superposés. Côté séjour, il prévoit un plan bar qui invite à prendre un verre entre amis ou à y déjeuner sur le pouce. Parallèle à l’îlot et situé à 1,40 mètre en retrait, le second linéaire s’intègre dans une structure ouverte, montée en plaques de plâtre. Le plan de travail en béton ciré s’y étire d’un bout à l’autre tandis que le lave-vaisselle et divers rangements prennent place en dessous.

    Au-dessus, des blocs de rangement à portes relevables sont adossés au mur couronné par un bandeau qui intègre un éclairage basse tension. L’autre face de ce bloc-cuisine délimite le couloir d’entrée qui traverse la maison. Ce volume bien proportionné structure ainsi, de façon très originale, l’espace entre le séjour-cuisine et les chambres situées juste après. Qui plus est sans cacher la ferme de la charpente apparente précisément au-dessus ! Un de ces aménagements qui ont su répondre au désir exprimé à l’origine par les propriétaires d’une maison ouverte mais ordonnancée.

    Reportage réalisé par Alain Chaignon. Photos Antonio Duarte. Architectes Brigitte Lachaud et Hubert Xhigness
    Maison&Travaux N°220 Octobre 2009

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