«Gascogne bossue», «Fille des Pyrénées », le Gers présente un relief vallonné de collines, de coteaux et de plaines, dont les ondulations régulièrement répétées rythment le paysage.
Fermes, hameaux et villages s’y éparpillent, «événements champêtres» d’une campagne qui est soigneusement mise en valeur par l’agriculture.
Les rues médiévales de Montesquiou offrent une palette de teintes typiques de l’habitat gersois. Colorés à la terre et aux sables locaux, les enduits des maisons déclinent les nuances des sols argileux environnants.
La vocation agricole du département se lit dans la profusion des fermes et de leurs dépendances. Cette grange présente une belle combinaison de matériaux locaux : sur un soubassement de moellons maçonnés, le bardage bois rythme les façades d’alignements successivement horizontaux, verticaux et obliques. Le tout est surmonté par une toiture à demi-croupe habillée de tuiles canal. De telles associations sont caractéristiques de l’habitat rural de la région.
Sauvetés, castelnaus, bastides… Un grand nombre de villages gersois se sont développés au coeur d’une enceinte fortifiée édifiée dans un contexte d’insécurité, entre l’An Mil et 1400. Témoin de ce passé, le castelnau de Biran s’étire sur un éperon rocheux, entre un château féodal
et une porte-tour.
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Ces deux fermes, qui regroupent habitation et dépendances agricoles sous une toiture enveloppante, sont d’intéressants exemples de bordes gasconnes. Sous leurs traits communs, une imposante façade pignon et une vaste toiture à deux ou trois pans, ces bâtisses présentent des matériaux de construction différents, qui influent sur leur aspect et les situent dans différents terroirs.
(Photo et photo précédente)
L’une bâtie en moellons calcaire se situe dans le pays d’Auch, l’autre maçonnée en terre crue s’inscrit dans le pays de Lomagne. Ainsi, si le patrimoine gersois est homogène quant aux formes de bâti, les matériaux mis en œuvre dans la construction apportent de la diversité.
Dans cette grande exploitation, cette solide bâtisse est coiffée d’une imposante toiture à quatre pentes à coyaux, le bord du toit est légèrement relevé pour éviter que la pluie ne ruisselle sur la façade. Dissociées, les dépendances agricoles entourent un pigeonnier de plan carré, dont la taille était souvent proportionnelle à la surface des terres, et donc au statut social du propriétaire.
En raison de leur faible pente, les toitures gersoises ne comportent que très rarement des lucarnes. Celle-ci, très ancienne, arbore une belle génoise qui, outre son côté très esthétique, a pour fonction d’éloigner le ruissellement des murs de façade.
Dans la région, les tuiles plates ont souvent recouvert les toitures à forte pente des pigeonniers. Par ailleurs, elles arborent très souvent une légère rupture dans leur pente, qui correspond à la ligne de coyau, laquelle permet d’éloigner des murs le ruissellement des eaux de pluie.
Les maçonneries de cette maison rurale et de son mur d’enclos relèvent de diverses techniques constructives à la terre crue, et d’une sélection de matériaux plus large encore. Le rez-de-chaussée maçonné en pierre, puis enduit, est surmonté d’un étage à colombages comblés de torchis. Le mur d’enceinte mêle quant à lui galets, mottes, moellons et pierres de taille… Une association composite typique du Gers.
Le pignon de cette grange agricole située dans l’Astarac présente un soubassement en galets et pierres de taille aux angles, sur lequel se dresse un mur en pisé. Cette partie du Gers constitue un véritable laboratoire de la construction en terre crue.
Cette grange fortifiée repose sur des murs en pisé du XIIe siècle, épais de 1,20 m. La surface de ses murs est égale à la surface habitable. En encorbellement, le colombage daterait du XVe s.
La terre crue aujourd'hui
Si le plus grand nombre dédaigne les constructions en terre crue, quelques passionnés s’échinent en revanche à entretenir ce patrimoine menacé. La communauté hollandaise installée dans le département, particulièrement intéressée par ce type de construction, participe considérablement à son entretien par le biais de ses acquisitions et de ses restaurations. Parallèlement, des artisans ont mis au point une version moderne de l’adobe, la brique en terre compressée ou BTC, qui permet de perpétuer ce mode constructif. Dotée d’excellentes performances techniques, notamment en matière d’ isolation et d’inertie, celle-ci offre un large éventail d’application, tant en matière de gros œuvre que de décoration intérieure.
Construite en moellons irréguliers, cette ancienne dépendance agricole montre des chaînages d’angles et des encadrements en brique.
Constituée de solides bâtisses, parmi lesquelles se trouve un château du XVe siècle, le mur d’enceinte de la bastide circulaire de Fourcès arbore de solides pierres de taille laissées apparentes. La qualité des pierres et leur appareillage régulier justifient de fait l’absence d’enduit sur la plupart des maisons.
Non loin de Montréal du Gers, cette maison forte du XIIIe siècle témoigne d’un type de construction qui était destinée à surveiller les abords de la bastide. Ses murs en moellons de calcaire enduits présentent de massives pierres de taille réservées aux chaînages d’angle, aux encadrements de fenêtres et aux corbeaux, supports de l’encorbellement en pans de bois et torchis de remplissage. Dominée par la pierre, cette bâtisse n’en présente pas moins une association de matériaux.
La bastide médiévale de Bassoues abrite en son centre une magnifique halle, bordée de « garlandes », à savoir un alignement de couverts à colombages s’appuyant sur des piliers de bois.
Le Bas Armagnac se distingue des autres pays du Gers par l’emploi du pan de bois sur toute la hauteur des maisons. Les murs étaient à l’origine destinés à recevoir un enduit à la composition proche de celle du torchis de remplissage. Il protégeait l’ensemble des intempéries, et servait aussi à dissimuler les bois de récupération, moins esthétiques. Un simple soubassement isole le bois des remontées capillaires.
Cette borde gasconne présente des colombages typiques de cette partie du Gers. Ici, les pans de bois sont montés sur des murets en moellons, qui ont été ensuite enduits. S’inscrivant sous la croupe, les pans s’alignent sur le bas de la toiture, qui descend très bas du côté des vents dominants.
Ossature bois et torchis forment aussi les cloisons intérieures de nombreuses demeures gersoises. Ils pouvaient être totalement enduits ou au contraire laissés apparents, en fonction des moyens du propriétaire d’autrefois.