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Le pays nîmois, de part et d'autre du Gard

Plaines riantes, gorges abruptes, garrigues de chênes verts... Cette région entre Cévennes et Méditerranée porte un habitat tantôt groupé, tantôt isolé. Villages perchés, maisons-blocs où logis et exploitation cohabitent, mas à cour ouverte ou fermée, domaines viticoles témoignent d’une architecture réfléchie, riche d’histoire !

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Dans la vallée de la Cèze, La Roque-sur-Cèze dresse ses maisons de pierre blonde sur une colline couronnée par les vestiges d’un château (XIIe siècle) et une chapelle romane. Restauré dans les règles, ce « Plus beau village de France » (depuis 2007) se parcourt au rythme des calades qui mènent vers les cascades de Sautadet.

Implanté sur un versant, ce mas du piémont cévenol regroupe trois bâtisses conçues en hauteur pour associer les activités domestiques et la fonction d’habitation.

Coeur de la cité d’Uzès, la place aux Herbes est bordée de demeures dressées sur des arcades qui ménagent des passages abrités (les «couverts »). S’y trouvent quelques porches d’entrée d’hôtels particuliers dont celui de La Rochette, demeure seigneuriale issue de la réunion de plusieurs maisons autour d’une cour. Les pierres ont souvent été extraites du sol même (d’où la présence de belles caves voûtées). Ces constructions attestent du rôle important que la ville a joué dans l’histoire.

Au pied des Cévennes, ces imposantes bâtisses rectangulaires rappellent que la sériciculture (élevage du ver à soie) était une activité importante aux XVIIIe et XIXe siècles. Un cellier voûté (utilisé pour stocker les feuilles de mûrier) se trouvait sous l’atelier d’élevage équipé d’un fourneau (chauffage). Les chambres étaient situées dans les combles.

Sur la rive droite du Rhône, au milieu des vignes, Saint-Laurent-des-Arbres est un village médiéval blotti autour d’un château et d’une église fortifiée. Alentour, les fermes de type traditionnel (habitation avec grange-étable à la perpendiculaire) et les domaines viticoles (XIXe siècle) reflètent les activités agricoles.

La rareté des ouvertures (quelques « fenestrons » pour aérer et éclairer) et l’appareillage en assises très jointives de cette ferme « bloc-à-terre », flanquée d’une longue bergerie, rappellent l’architecture minérale des Causses.

Un corps d’habitation à trois niveaux caractérise cette ferme, agrémentée d’une galerie couverte sur voûtes. A l’arrière, elle est flanquée d’une bergerie. Ayant fait l’objet d’une restauration soignée, elle accueille aujourd’hui un gîte, des chambres d’hôtes et une auberge. Sans oublier la ferme équestre qui invite à de belles promenades sur des chevaux camarguais (Mas des Garrigues. La Lèque. 30580 Lussan. Tél.: 04 66 72 91 18. www.masdesgarrigues.com)

Etagé sur un escarpement, le bourg médiéval de Saint-Victor-la-Coste descend dans la plaine au XIXe siècle, sous forme de demeures inspirées de l’architecture bourgeoise. L’époque industrielle imprime sa marque. En témoignent la mairie avec sa façade néorenaissance, et sa fontaine en forme d’obélisque, dressé à la gloire du système métrique.

La sauvegarde de Saint-Victor est due à l’association La Sabranenque qui, depuis 1969, organise et anime des chantiers bénévoles de restauration (maçonnerie traditionnelle, taille de pierre...). Village du Languedoc profondément méditerranéen, il se gravit au rythme de ses belles calades, bordées de maisons paysannes et de quelques demeures Renaissance.

Précédée d’une allée longée de platanes, cette maison de maître dresse une belle façade ajourée de baies symétriques. A l’arrière, des bâtiments disposés perpendiculairement délimitent une cour jadis vouée aux activités viticoles.

Au pied des coteaux de vignes de Saint-Michel d’Euzet, cette maison de maître restaurée (XVIIIe) découvre ses attraits.

Les tours féodales qui dominent Uzès symbolisent les trois pouvoirs : épiscopal, ducal et royal. De droite à gauche, on distingue la tour Fenestrelle (XIIe siècle), campanile de style lombard de la cathédrale, la tour Bermonde, la tour de l’Evêché et la tour du Roi couronnée de mâchicoulis.

Depuis 1853, la place aux Herbes avec ses passages couverts se tourne vers sa fontaine alimentée par une colonne à deux vasques circulaires. Cette place fut jusqu’à la Révolution, le lieu de grands rassemblements populaires. Aujourd’hui, le marché y bat son plein.

Charmante trilogie de garde-corps en fer forgé cintré à galbe central. Martelés sur l’enclume, les fers plats s’épanouissent en volutes et contre-volutes en C, placées tantôt dos-àdos, tantôt en vis-à-vis.

Depuis son classement en secteur sauvegardé (1965), la cité d’Uzès poursuit la réhabilitation de son patrimoine en faisant respecter un cahier des charges : enduit à la chaux, réparation ou remplacement des pierres de taille des façades, tuiles canal panachées de modèles «patrimoine », pavage des rues, mise en terre des câbles électriques, etc.

Place du Sabotier, l’hôtel de Trinquelague dresse une belle façade Renaissance ajourée de croisées à meneaux style Henri II, rythmées de pilastres à chapiteaux ioniques, frises à rinceaux et corniches à denticules.

Etabli sur un promontoire rocheux à l’entrée des gorges de la Cèze, Tharaux étage ses maisons, son église et son château.

Belle porte en pierres de taille en plein cintre, surmontée de trois pilastres que couronne une corniche à modillons. A Montclus.

Rénovée dans le respect de la tradition, cette maison de type « bloc-à-terre », flanquée d’une ancienne dépendance, reprend en effet, jusque dans ses détails, les caractéristiques régionales. Aux abords de La Roque-sur-Cèze.

Village phare de la vallée de la Cèze, La Roque-sur-Cèze dresse ses maisons sur un piton rocheux en surplomb de la rivière qu’enjambent les douze arches du pont Charles-Martel (XIIIe siècle).

Parfois voûtées, elles sont autant de passages abrités. Les toits à deux pentes de faible inclinaison sont couverts de tuiles canal. Autrefois posées sur des chevrons triangulaires, elles sont, aujourd’hui, lors d’une rénovation, installées sur des plaques profilées ou des panneaux spécifiques qui assurent une isolation continue.

Comme dans tous les bourgs perchés, les maisons sont bien souvent accolées. Ainsi, elles délimitent d’étroites ruelles empierrées (appelées calades).

    Généreux en contrastes géographiques, le département du Gard se déploie tel un amphithéâtre du mont Aigoual (1565 mètres) jusqu’à la Méditerranée, entre Provence et Languedoc. Deux « régions » se distinguent, l’une au nord, l’autre au sud de Nîmes, la capitale. La première, « les Garrigues », est une succession de plateaux calcaires tantôt arides, tantôt riants, traversés de gorges et de vallées où s’enracine une végétation inondée de soleil (chênes verts, pins d’Alep, oliviers, arbousiers, genévriers, thym, etc.). La seconde, « la Costière », déroule une plaine bordée par la vallée du Rhône et la Camargue. Grâce à des travaux d’irrigation, elle abrite un riche verger (tomates, melons, abricots, etc.) tandis que les coteaux caillouteux sont plantés de vignes.

    Du côté des garrigues : un habitat diversifié

    Arides ou riants, les paysages des garrigues, vastes étendues présentes en contrebas des Cévennes et en amont des plaines fluviales, occupent la moitié nord du département. Le pluriel de cette région n’est pas usurpé ! On compte plus d’une vingtaine d’unités paysagères : garrigues de Nîmes, plateau de Lussan, garrigues d’Uzès, plaines de l’Alzon et des Seynes, massif de Valbonne..., il s’agit d’une succession de plateaux dont l’altitude varie de 200 à 300 mètres.

    Plissés, striés par l’érosion, ces massifs entaillés de gorges ne sont pas sans évoquer les reliefs karstiques des Causses (nés de la dissolution des calcaires par l’eau). Contrastés, les sites alternent « déserts pierreux » et plaines coiffées d’une toison rase gris-vert (chênes verts ou kermès, pins d’Alep, cyprès...). C’est au printemps que ces garrigues montrent toute leur diversité florale : chèvrefeuille, cyclamen des Baléares, thym, sarriette, chardon, orchidées, lavande, romarin, clématite, violettes, asphodèle, narcisses à feuilles de jonc, etc.

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