Après restauration selon le standard passif, cette maison pourtant construite au XVIIIe siècle n’a plus besoin de chauffage conventionnel. Seuls équipements installés : un chauffe-eau solaire pour la production d’eau chaude sanitaire et un poêle à bois !
Une maison passive consomme si peu d’énergie qu’elle peut se passer d’un système de chauffage classique. Ce très haut niveau de performance n’est pas réservé aux constructions neuves; les rénovations peuvent également l’atteindre. C’est le cas de cette maison de ville construite au XVIIIe siècle, située en Belgique à quelques kilomètres seulement des frontières allemande et hollandaise. Depuis peu certifiée Passivhaus (label allemand délivré en France par La Maison Passive France et en Belgique par la Plate-forme Maison Passive), sa consommation de chauffage (exprimée en énergie finale) est inférieure à 15 kWh/m2.an, sa perméabilité à l’air inférieure à 0,6 h-1 et sa consommation totale d’énergie (exprimée cette fois en énergie primaire) est inférieure à 120 kWh/m2.an.
Cette habitation a été acquise en 2002 par un couple avec trois enfants. Les travaux, qui ont commencé en 2005, sont en cours de réalisation et sont menés en grande partie par les propriétaires eux-mêmes. Au départ, la rénovation ne visait pas le standard passif. Les occupants (lui est architecte au sein du cabinet FHW Architectes, www.fhw.be) avaient pour projet d’optimiser la performance énergétique du bâtiment. L’un de leur enfant étant asthmatique, ils souhaitaient mettre en place une stratégie de ventilation très poussée (VMC double flux). Par ailleurs, une isolation efficace et du double vitrage étaient prévus. Au final, quelques modifications (triple vitrage notamment) permettaient d’atteindre le standard passif. Les propriétaires se sont donc lancés dans l’aventure.
Avant d’être rénovée, la maison n’était absolument pas isolée et était équipée de fenêtres à simple vitrage. Pour limiter les déperditions thermiques de l’enveloppe, une isolation par l’extérieur de 30 cm d’épaisseur a d’abord été envisagée. Cette solution a été écartée par la municipalité qui refusait que celle-ci empiète côté rue. Il ne restait plus que la technique consistant à isoler par l’intérieur… Le maître d’ouvrage a choisi de mettre en place de la ouate de cellulose. Écologique, cet isolant présentait pour autre avantage de mieux gérer les risques de condensation.
La ouate de cellulose (Isofloc) a été insufflée entre des poutres en forme de «I » (« TJI» de Trus Joist), sur une épaisseur de 24 cm contre les murs existants en moellons et briques (5 cm d’isolant supplémentaire ont été nécessaires par endroits du fait de l’irrégularité des murs). Pour assurer l’étanchéité à l’air, l’isolant a été recouvert d’un film pare-vapeur («Intello» de Pro Clima). Des panneaux en fibres de bois de 6 cm d’épaisseur sont ensuite venus habiller l’ensemble. En finition, une couche d’argile de 1 cm et un enduit fin à l’argile de 2 mm d’épaisseur (Claytec AkTerre) ont été appliqués.
Le coefficient R des murs (d’autant plus élevé que l’isolation est performante) s’élève à 7,6 m2.K/W. Un soin particulier a été apporté aux ponts thermiques, qui ont tous été supprimés. Les solives en bois reposant dans les murs extérieurs ont été dans ce sens sectionnées. Elles reposent désormais sur des poteaux verticaux en pin Douglas. L’isolant et le film pare-vapeur traversent ainsi tous les planchers, depuis le rez-de-chaussée jusqu’à la nouvelle toiture. L’isolation du mur extérieur ne comporte désormais plus aucune rupture! Les murs mitoyens sur les deux pignons ont également été isolés selon le même principe avec 9 cm de ouate de cellulose. Celle-ci joue ici à la fois le rôle d’isolant thermique et acoustique. La mise en place du freine-vapeur est quant à elle fondamentale pour garantir l’étanchéité à l’air de la maison, qui est mesurée pour obtenir la certification Passivhaus.
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