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Une maison rénovée sans chauffage !

Après restauration selon le standard passif, cette maison pourtant construite au XVIIIe siècle n’a plus besoin de chauffage conventionnel. Seuls équipements installés : un chauffe-eau solaire pour la production d’eau chaude sanitaire et un poêle à bois !

ZOOM

Façade avant rénovation.

Après rénovation. Mitoyenne sur ses deux pignons, cette maison de ville vieille de plus de deux siècles a fait l’objet d’une rénovation lourde. À l’origine du même gabarit que le bâtiment à sa gauche, elle a été rehaussée par une structure en ossature bois bardée de zinc qui l’aligne dorénavant sur celle de droite. Aujourd’hui certifiée passive, cette habitation a un besoin en énergie de seulement 7kWh/m2.an pour le chauffage.

Les eaux de pluie sont récupérées en toiture, sur une surface de 61 m2, et acheminées par une gouttière en zinc vers des cuves installées dans la cave. Le bac en Inox dissimule un système de purification de l’eau de pluie (filtre tourbillonnaire).

Façade côté jardin avant rénovation.

Façade côté jardin après rénovation. Une extension a permis d’agrandir la maison et de l’ouvrir sur le jardin. Un mur-rideau avec triple vitrage constitue désormais la façade sud. De part et d’autre de celui-ci, les murs en ossature bois sont enduits à l’extérieur. Le crépi a été appliqué sur des panneaux en fibres de bois de 6 cm d’épaisseur dotés d’un treillis d’accrochage. La terrasse est en bois rétifié (Platowood).

Un puits canadien a été mis en oeuvre dans le jardin, sous lequel cheminent 47 m de canalisations en polyéthylène, avec une couche intérieure en étain. La prise d’air neuf se fait à partir d’une tour d’aspiration avec filtre. Le puits canadien permet de réchauffer l’air neuf en hiver et de le rafraîchir en été.

La façade arrière a été transformée et les anciennes annexes démolies. Une extension a été construite, fermée par un mur-rideau en lamellé collé et triple vitrage (Raico) certifié passif. Les profilés de 6 m de long ont été assemblés sur place par un menuisier. Le vitrage est tenu en place par des parcloses en aluminium à l’extérieur. Dans le séjour, une mezzanine a été créée ; son plancher en bois massif est constitué de planches posées sur chant, l’épaisseur en est ainsi réduite. Long de 5 m, un garde-corps en verre de 300 kg est juste inséré dans une cornière.

L’ancienne façade sud, avec sa fenêtre conservée comme témoignage de ce que fût la maison avant la construction de l’extension, est encore visible dans le séjour. D’une hauteur sous plafond de 4,6 m, la salle à manger est éclairée par des leds (« Ledino» de Philips, puissance de 7,5 W, température de couleur de 3100 K) pour réduire les consommations électriques et les apports de chaleur.

Au niveau des ouvrants, tous certifiés passifs, l’étanchéité à l’air est assurée par une bande adhésive («Tescon Profil» de Pro Clima). Comme ici sur la porte du séjour qui donne accès à la terrasse, les finitions (type tasseaux en bois) restent à faire pour dissimuler cette bande de couleur bleue.

Placé dans un coin du salon, le poêle à bois chauffe l’eau sanitaire quand le solaire n’assure pas les besoins. Il apporte également un complément de chauffage dans la pièce. Moins d’un sac de 15 kg de granulés (4 €, et environ 200€ la tonne livrée) est brûlé par semaine. Le conduit de fumée (double peau en Inox) est raccordé par l’arrière et habillé par un coffrage. Au-dessus du poêle, est visible une bouche de soufflage de la VMC, avec lames orientables.

L’eau de pluie est récupérée en toiture et stockée dans cinq cuves de 750 l (Schütz Aquablock) installées dans la cave. Elle est utilisée pour les WC, la machine à laver et l’arrosage du jardin.

Le stockage n’est pas suffisant pour atteindre l’autonomie, mais permet tout de même d’économiser une grande quantité d’eau en provenance du réseau. À noter : la machine à laver est raccordée au chauffe-eau solaire qui assure le chauffage de l’eau nécessaire au lavage du linge.

La VMC double flux à récupération de chaleur (non encore raccordée au puits canadien) est installée dans le volume chauffé. Son débit s’élève à 450 m3/h. La centrale de ventilation alimente en air neuf trois zones, via des batteries de chauffage raccordées au ballon solaire. Ces batteries permettent de préchauffer l’air soufflé dans la maison. La température de chaque zone peut également être réglée par un thermostat.

D’une capacité de 850 l, le ballon tampon est installé dans le même local que la VMC. Ce ballon est chauffé par les capteurs solaires en toiture. Par ailleurs, le poêle à bois permet de le remonter en température quand les apports solaires sont insuffisants. Pour éviter tout risque lié aux légionelles, la production d’eau chaude sanitaire est instantanée : ce n’est pas l’eau du ballon qui est soutirée mais l’eau de ville qui est réchauffée par l’intermédiaire d’un échangeur de chaleur en fonction des besoins. Le ballon sert également à préchauffer, au niveau de batteries de chauffage, l’air insufflé par la VMC dans la maison.

Installés au sud, quatre capteurs solaires représentant une surface de 9 m2 assurent la production d’eau chaude sanitaire. Posés sur un châssis orienté à 55° (production optimisée en hiver, et non à 45°, comme c’est généralement le cas pour l’été), ils font office de brise-soleil à la belle saison.

    Une maison passive consomme si peu d’énergie qu’elle peut se passer d’un système de chauffage classique. Ce très haut niveau de performance n’est pas réservé aux constructions neuves; les rénovations peuvent également l’atteindre. C’est le cas de cette maison de ville construite au XVIIIe siècle, située en Belgique à quelques kilomètres seulement des frontières allemande et hollandaise. Depuis peu certifiée Passivhaus (label allemand délivré en France par La Maison Passive France et en Belgique par la Plate-forme Maison Passive), sa consommation de chauffage (exprimée en énergie finale) est inférieure à 15 kWh/m2.an, sa perméabilité à l’air inférieure à 0,6 h-1 et sa consommation totale d’énergie (exprimée cette fois en énergie primaire) est inférieure à 120 kWh/m2.an.

    Cette habitation a été acquise en 2002 par un couple avec trois enfants. Les travaux, qui ont commencé en 2005, sont en cours de réalisation et sont menés en grande partie par les propriétaires eux-mêmes. Au départ, la rénovation ne visait pas le standard passif. Les occupants (lui est architecte au sein du cabinet FHW Architectes, www.fhw.be) avaient pour projet d’optimiser la performance énergétique du bâtiment. L’un de leur enfant étant asthmatique, ils souhaitaient mettre en place une stratégie de ventilation très poussée (VMC double flux). Par ailleurs, une isolation efficace et du double vitrage étaient prévus. Au final, quelques modifications (triple vitrage notamment) permettaient d’atteindre le standard passif. Les propriétaires se sont donc lancés dans l’aventure.

    Isolation des murs par l’intérieur

    Avant d’être rénovée, la maison n’était absolument pas isolée et était équipée de fenêtres à simple vitrage. Pour limiter les déperditions thermiques de l’enveloppe, une isolation par l’extérieur de 30 cm d’épaisseur a d’abord été envisagée. Cette solution a été écartée par la municipalité qui refusait que celle-ci empiète côté rue. Il ne restait plus que la technique consistant à isoler par l’intérieur… Le maître d’ouvrage a choisi de mettre en place de la ouate de cellulose. Écologique, cet isolant présentait pour autre avantage de mieux gérer les risques de condensation.

    La ouate de cellulose (Isofloc) a été insufflée entre des poutres en forme de «I » (« TJI» de Trus Joist), sur une épaisseur de 24 cm contre les murs existants en moellons et briques (5 cm d’isolant supplémentaire ont été nécessaires par endroits du fait de l’irrégularité des murs). Pour assurer l’étanchéité à l’air, l’isolant a été recouvert d’un film pare-vapeur («Intello» de Pro Clima). Des panneaux en fibres de bois de 6 cm d’épaisseur sont ensuite venus habiller l’ensemble. En finition, une couche d’argile de 1 cm et un enduit fin à l’argile de 2 mm d’épaisseur (Claytec AkTerre) ont été appliqués.

    Le coefficient R des murs (d’autant plus élevé que l’isolation est performante) s’élève à 7,6 m2.K/W. Un soin particulier a été apporté aux ponts thermiques, qui ont tous été supprimés. Les solives en bois reposant dans les murs extérieurs ont été dans ce sens sectionnées. Elles reposent désormais sur des poteaux verticaux en pin Douglas. L’isolant et le film pare-vapeur traversent ainsi tous les planchers, depuis le rez-de-chaussée jusqu’à la nouvelle toiture. L’isolation du mur extérieur ne comporte désormais plus aucune rupture! Les murs mitoyens sur les deux pignons ont également été isolés selon le même principe avec 9 cm de ouate de cellulose. Celle-ci joue ici à la fois le rôle d’isolant thermique et acoustique. La mise en place du freine-vapeur est quant à elle fondamentale pour garantir l’étanchéité à l’air de la maison, qui est mesurée pour obtenir la certification Passivhaus.

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