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Le charme de l'ancien, le confort thermique en plus

Vieille de plus de trois siècles, cette ancienne ferme située en Drôme provençale a recouvré une nouvelle jeunesse. Isolation renforcée, ventilation et chauffage performants contribuent à réduire les besoins en énergie sans altérer le caractère du bâtiment.

ZOOM

Cet ancien corps de ferme a plus de 300 ans d’âge. Niché sur les premiers contreforts des Alpes, en Drôme provençale, le bâtiment a été entièrement réhabilité. Isolation renforcée et équipements de chauffage performants (chaudière à granulés et chauffe-eau solaire) en font un bâtiment exemplaire en matière d’énergie. L’aile de droite a également été réhabilitée, cette fois en maison de vacances.

Corps de ferme avant rénovation

Corps de ferme après rénovation

On accède à la maison par un escalier en pierre, à l’abri d’une loggia qui a été complètement fermée. Orientée au sud, elle est chauffée par les rayons du soleil. Les poteaux en pierre d’origine ont été isolés par 5 cm de laine de verre. L’isolant est maintenu par un treillis métallique de type «Nergalto», fixé par des chevilles en plastique, sur lequel est passé un enduit hydraulique mélangé avec un sable jaune, réalisation qui ne dénature en rien l’existant.

Ouverte sur une cour intérieure en calade, la terrasse est fermée par des châssis en acier d’une grande légèreté. Les montants, de seulement 5 cm de large, ont été habillés à l’intérieur avec du chêne, fixé par des vis à six pans. Le double vitrage est renforcé en partie basse (4/10/6, contre 4/12/4 en partie haute).

Niché dans le renfoncement d’une fenêtre, un timbre d’office en pierre sert de lavabo. L’isolation entre le timbre et le mur est réalisée avec de la mousse de polyuréthane. L’étanchéité à l’air de la fenêtre, exposée au mistral, est assurée par un double joint de silicone.

Auparavant, on pénétrait dans la maison par une ancienne loggia qui avait également été vitrée, mais non isolée. Le plafond intermédiaire a été supprimé et une véranda a été créée. Le profilé marie le métal à l’extérieur et le bois à l’intérieur. Les piliers et soubassements ont été isolés par de la laine de verre, le plafond par de la laine de bois.

Dans un style épuré, la salle de bains a su conserver son charme d’antan. Sol en pierre du pays et poutraison en bois sont d’origine. Posée sur pieds, la baignoire de récupération en zinc apporte une note d’originalité.

De la hauteur d’une marche, la surépaisseur du plancher est dû à la pose de panneaux isolants en mousse de polyuréthane («TMS MF» d’Efisol). Le mur du fond a été créé pour augmenter l’inertie thermique. Il est constitué d’une assise en carreaux de béton cellulaire (Siporex) sur laquelle est monté un mur en briques remplies de mortier de chaux. Ce mur limite les variations de température en été comme en hiver, contribuant ainsi à un meilleur confort thermique.

Au rez-de-chaussée, la chambre des parents est agencée sous un beau plafond voûté. Un badigeon de chaux aérienne a été passé sur l’enduit existant. Côté fenêtre, le mur orienté au nord est isolé par 20 cm de laine de verre. Le parquet massif est réalisé en pin des Landes, avec un traitement à l’huile dure sans solvant («Pure Solid» de Kreidezeit).

La production d’eau chaude sanitaire est assurée par deux capteurs solaires plans installés en surimposition sur la toiture. Représentant une surface de 5 m2, les panneaux sont inclinés à 30° et orientés plein sud. La toiture a été entièrement rénovée. Les tuiles canal d’origine ont été déposées triées puis reposées sur des plaques support assurant résistance et étanchéité (« Soutuile FR Natura » d’Eternit).

La centrale de ventilation est installée sous les combles. La prise d’air neuf n’est pas réalisée en toiture, exposée au mistral, mais côté est où la façade est protégée des vents. L’extraction se fait par contre à l’ouest. À droite, descendant de la toiture, sont reconnaissables les canalisations où circule le fluide caloporteur du chauffe-eau solaire.

La chaudière à granulés et le ballon d’eau chaude sanitaire ont été posés dans une cave voûtée. Les canalisations sont calorifugées pour éviter au mieux les déperditions thermiques. Jugé insuffisant par les propriétaires, ce calorifugeage devait être prochainement renforcé. La chaudière est alimentée en granulés par une vis sans fin, à partir d’un réduit aménagé à cet effet.

Installé en 2002 à l’emplacement de l’ancienne cheminée dont le manteau a été conservé, un poêle à bûches (Jøtul) de 8 kW assure un complément de chauffage dans la salle à manger et la cuisine. L’évacuation des fumées se fait par l’arrière et utilise l’ancien conduit de cheminée. À droite, la niche recèle une ancienne lessiveuse en pierre.

    Niché sur les premiers contreforts des Alpes, cet ancien corps de ferme du XVIIe siècle consomme moins d’énergie qu’une maison neuve construite selon la réglementation thermique actuellement en vigueur (RT 2005). Ce haut niveau de performance a été atteint sans pour autant dénaturer l’architecture régionale de la bâtisse, au charme intact avec ses murs en pierres de taille, sa toiture en tuiles canal et, typiques de la région, ses trois rangs de génoise. Les propriétaires, une famille avec deux jeunes enfants, ont emménagé en 2002.

    Pour pouvoir continuer à loger sur place pendant la durée des travaux, la rénovation a été menée en plusieurs étapes : d’abord le rez-de-chaussée, puis l’étage dont les volumes ont été entièrement redistribués. La maîtrise d’oeuvre a été assurée par les propriétaires, qui tous deux travaillent dans le domaine de l’énergie. Ils ont été accompagnés par le Ceder (Centre pour l’environnement et le développement des énergies renouvelables, www.ceder-provence.fr), dans le cadre de l’appel à projets lancé par la région Rhône-Alpes : «100 maisons basse énergie».

    Limiter les déperditions de chaleur

    D’une surface habitable de 218 m2 répartis sur trois niveaux, la maison n’était jusque-là pas isolée, d’où une consommation élevée pour la chauffer : 227 kWh/m2.an, contre seulement 85 kWh/m2.an aujourd’hui! Pour supprimer les ponts thermiques, les propriétaires ont d’abord envisagé une isolation par l’extérieur. Ils n’ont cependant trouvé aucun professionnel pour poser l’isolant (20 cm de laine de verre) et assurer la finition avec un enduit traditionnel à la chaux. Malgré la perte de surface habitable que cela impliquait, ils ont finalement opté pour une isolation par l’intérieur, là aussi en choisissant des techniques d’enduits traditionnels à la chaux.

    Lors du choix des isolants, deux critères ont été privilégiés : la performance et le prix. À la laine de bois ou autre isolant naturel, a donc été préférée la laine de verre («Monospace 35» d’Isover, prescrite pour les combles, mais qui a été ici également utilisée pour les murs). La laine minérale présentait entre autres avantages une mise en oeuvre facilitée par un conditionnement en panneaux roulés semi-rigides (4 x 1,2 m en 160 mm d’épaisseur). Au final, le choix d’un isolant économique a permis de dégager un budget plus important pour le traitement des ponts thermiques. Les murs de la maison ont donc été isolés par 16 cm de laine de verre (R = 4,55 m2.K/W), déroulée horizontalement contre le mur.

    En partie haute des murs, à cause du fruit (inclinaison), une couche supplémentaire d’isolant a été ajoutée afin de remplir complètement le doublage. Exposés au mistral, les murs orientés au nord ont bénéficié d’une épaisseur plus importante (20 cm). Des contre-cloisons en briques plâtrières de 5 cm d’épaisseur montées devant les murs isolés ont ensuite été revêtues d’un mortier d’accrochage sable et chaux. En finition, pour rester dans l’esprit de cette ancienne bâtisse, les enduits ont été réalisés à la chaux aérienne mélangée avec un sable blanc fin.

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