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Basse consommation, une révolution énergétique en marche

Réduire sa consommation d’énergie pour alléger sa facture tout en faisant un geste pour l’environnement : les solutions existent, dans le neuf comme en rénovation. En France, des pionniers tracent la route.

ZOOM

Photo Saint Gobain Glass

Pour ce chalet construit face au Mont-Blanc, le promoteur-constructeur a suivi les recommandations du label «Maison Passive». Les murs sont isolés par l’extérieur par 36 cm de ouate de cellulose et de fibres de bois (42 cm en toiture). Les pièces à vivre sont équipées de triple vitrage. Le renouvellement de l’air et le chauffage sont assurés par VMC double flux à récupération de chaleur, raccordée à un puits canadien. L’ECS est produite par des capteurs solaires. Réalisation, Patrick Sanyas Immobilier. Photo Tops Socquet Megève

Le label suisse, Minergie, est le plus ancien. Il se décline en deux labels selon la performance atteinte, dont l’un passif. Destiné au neuf et à la rénovation (ici, maison Minergie-S en Suisse, architecte Fredi Baumgartner), ce label est délivré en France par l’association Prestaterre qui propose d’accompagner du maître d’ouvrage pendant une période de 3 ans.

Un double vitrage à isolation renforcée suffit à atteindre le niveau BBC. Les vitrages se caractérisent selon le coefficient Ug (plus il est faible, plus isolation thermique est performante), le facteur solaire (pourcentage d’énergie solaire que laisse entrer le vitrage) et la transmission lumineuse (pourcentage de lumière que laisse entrer le vitrage). Modèle double vitrage «T70» de Tryba (également en triple vitrage).

Double ou triple vitrage : tout dépend de votre projet de rénovation. Pour le standard passif, un triple vitrage s’avère indispensable. Modèle «SI82+» de Schüco.

Un poêle à bûches («Toronto» de Hase) assure un complément de chauffage dans le séjour. D’une puissance de 8kW, il affiche un rendement supérieur à 80%. La magie du feu au pied des pistes de ski! Réalisation Patrick Sanyas Immobilier.

Labellisée BBC-Effinergie, cette maison construite en Franche-Comté consomme seulement 38 kWh/m2.an pour son chauffage, son eau chaude sanitaire, sa ventilation et son éclairage. (Voir les deux photos suivantes)

Les murs de la structure en ossature bois sont isolés par 27 cm de laine de verre, le sol par 15 cm de polystyrène expansé, le plafond par 50 cm de laine de verre. La maison est équipée de fenêtres en bois double et triple vitrage, d’une ventilation mécanique contrôlée double flux à haut rendement, raccordée à un puits canadien. Le chauffage est assuré par un système solaire combiné (10m2 de capteurs) avec plancher chauffant.

Une caméra thermique a été utilisée pour vérifier la bonne mise en oeuvre des isolants et du film pare-vapeur, et pour détecter les éventuelles fuites d’air avant la réalisation du test d’étanchéité à l’air, obligatoire pour l’obtention du label BBC-Effinergie. Réalisation, Maisons Helies Architecteurs. Conception, Allier - Myotte Architectes.

La performance des vitrages constitue un élément clé de la conception d’une maison à basse consommation d’énergie ou passive. La réduction des consommations de chauffage passe par une excellente isolation thermique et la valorisation des apports solaires gratuits. Ce triple vitrage («Climatop Bioclean 70/50 » de Saint-Gobain Glass) assure une isolation 30% supérieure à celle d’un double vitrage à isolation thermique renforcée.

Cette maison située dans la Drôme a fait l’objet d’une rénovation dans le cadre du programme «100 maisons basse énergie » de la région Rhône-Alpes. Les murs ont été isolés par l’intérieur avec 10 cm de laine de bois (20 cm en toiture). Tous les ouvrants ont été remplacés par des modèles à double vitrage peu émissifs. Le renouvellement d’air est assuré par une ventilation mécanique contrôlée double flux. L’eau chaude est fournie par un chauffe-eau solaire (10 m2 de panneaux). Le chauffage est assuré par une chaudière à granulés de bois. La facture s’élève aujourd’hui à moins de 600 € par an pour chauffer la maison de 200m2, ainsi que l’atelier attenant de 100 m2.

Pilier de la basse consommation, une isolation très performante permet de réduire les besoins de chauffage en limitant les déperditions de chaleur de l’enveloppe. La thermographie est utile pour réaliser un diagnostic thermique de la maison. Elle permet d’identifier tout problème lié à une isolation défectueuse, des défauts d’étanchéité lors de la pause des menuiseries, etc. Ici, les tests sont effectués avec une caméra infrarouge « i5» de Flir.

Située en Loire-Atlantique, cette maison à ossature bois de 175 m2 est labellisée BBC-Effinergie. Elle consomme 44 kWh/m2.an pour ses besoins de chauffage, ECS, ventilation et éclairage. Les pièces principales disposent de grandes ouvertures orientées au sud pour favoriser les apports solaires en hiver. Des protections solaires évitent les surchauffes en été. Les menuiseries sont en aluminium et boisaluminium avec double vitrage basse émissivité. L’isolation a été renforcée au niveau du sol, des murs et de la toiture. La maison est équipée d’une VMC double flux à haut rendement, d’un chauffeeau solaire et d’une pompe à chaleur aérothermique de 6,5 kW. Réalisation Samuel Mamet Architecte.

Les solutions techniques existent pour atteindre le niveau basse consommation ou passif. Certaines sont éprouvées, d’autres plus innovantes. C’est le cas de ce système de mur préfabriqué en bois. Conçu pour les bâtiments passifs et BBC, à la fois pour le neuf et la rénovation, ce système constructif se compose d’un mur à ossature bois, d’éléments d’étanchéité et d’isolation à base de ouate de cellulose et de fibres de bois, et d’un bardage de finition. Une menuiserie (porte ou fenêtre) peut être intégrée dans la structure. «Sybois» de Millet.

    Un label BBC à points

    De son côté, BBC-Prioriterre se positionne davantage comme un label de conception globale des bâtiments, à l’image de la démarche HQE (haute qualité environnementale) largement diffusée dans le secteur tertiaire. L’attribution de ce label s’appuie sur un système de points, répartis en huit pôles : analyse du site, conception du bâtiment, gestion de chantier, ressources durables, confort de l’occupant, gestion des déperditions énergétiques, dispositions spécifiques à l’électricité. Pour obtenir la validation du label, il suffit de satisfaire à la moitié des exigences, c’est-à-dire d’obtenir la moyenne sur un total de 235 points. Sont par exemple prises en compte la proximité des commerces et des transports en commun, l’installation d’une baignoire à balnéothérapie (pénalisante), la mise en place d’isolants écologiques ou la récupération des eaux de pluie, etc.

    Un pas vers le passif

    D’autres labels sont disponibles en France, ajoutant de la confusion à un domaine déjà difficile à suivre pour le non-initié. Délivré en France par Prestaterre, le label suisse Minergie-S (standard) constitue une étape intermédiaire entre la basse consommation et le standard passif. On dénombrait fin octobre plus de 80 certificats délivrés (dont 70 en maison individuelle) et plus de 80 certificats provisoires ou en cours d’attribution. Pour obtenir ce label, la consommation de chauffage et d’ECS, toujours exprimée en énergie primaire, doit être inférieure à 38 kWh/m2.an dans le neuf, et inférieure à 60 kWh/m2.an dans l’existant. Aucune exigence n’est requise en matière de perméabilité de l’enveloppe.

    Ce label présente plusieurs atouts. Dans le neuf, il apporte l’assurance d’un surcoût maîtrisé de la construction, limité à 10 au maximum par rapport à une maison conventionnelle. Dans le neuf comme en rénovation, Prestaterre propose par ailleurs un accompagnement du maître d’ouvrage pendant une période de trois ans. En plus d’aider les propriétaires à optimiser leurs consommations d’énergie, ce suivi implique un contrôle systématique du chantier. Cette assurance qualité supplémentaire permet de détecter et de remédier à d’éventuels problèmes de mise en oeuvre.

    Un chauffage réduit à la portion congrue

    Pour aller encore plus loin, deux labels permettent aujourd’hui de certifier qu’une maison est passive, à la fois dans le neuf ou en rénovation. L’un, Minergie-P exige une consommation en énergie primaire inférieure à 30 kWh/m2.an et besoins de chauffage inférieurs à 15 kWh/m2.an. L’autre, Maison Passive ou Passivhaus, préconise une consommation de chauffage, en énergie finale (après transformations) cette fois, inférieure à 15 kWh/m2.an, une consommation d’énergie primaire tous usages confondus (dont l’électroménager, l’audiovisuel, ou encore l’informatique, qui ont tendance à se multiplier et à gonfler les factures) inférieure à 120 kWh/m2.an, et une étanchéité de l’enveloppe inférieure à 0,6 h-1. En France, on ne dénombrait fin octobre qu’une seule maison Minergie-P. Plusieurs projets de rénovation sont cependant en cours. Une dizaine de maisons sont quant à elles titulaires du label allemand Passivhaus, décerné dans l’Hexagone par l’association
    La Maison Passive France.

    Mesurer l'énergie

    • L’énergie primaire est égale à la quantité d’énergie consommée plus la quantité d’énergie nécessaire à la production, plus le transport.

    • L’énergie finale est égale à la quantité d’énergie consommée, relevée au compteur. Par exemple pour l’électricité 1 Kwh finale au compteur = 2,58 Kwh primaire.

    Pour financer vos travaux

    • Dans le neuf, des aides financières peuvent vous aider à réaliser votre projet. Les bâtiments labellisés BBC disposent d’aides réservées : nouveau prêt à taux zéro, ou N-PTZ, majoré de 20000€ et crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt notamment. Ils permettent de compenser en partie le surcoût de la construction basse énergie.

    • En rénovation, les aides sont moins nombreuses. Plusieurs dispositifs sont malgré tout proposés : l’éco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ) pour un montant jusqu’à 30000€, le crédit d’impôt développement durable (jusqu’à 50% des travaux d’isolation effectués, hors main-d’oeuvre), la TVA à 5,5% sur les travaux pour tout logement achevé depuis plus de deux ans. L’ANAH (Agence nationale de l’habitat) et certaines collectivités territoriales (régions, départements ou communes) proposent également des aides financières. À ne pas oublier, les banques qui offrent des prêts à des taux bonifiés pour financer les travaux (un comparateur est en ligne sur le site Internet de l’Ademe : www.ademe.fr).

    Dossier réalisé par Cédric Rognon
    Maison&Travaux N°222 Jan-Fev 2010

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