Réduire sa consommation d’énergie pour alléger sa facture tout en faisant un geste pour l’environnement : les solutions existent, dans le neuf comme en rénovation. En France, des pionniers tracent la route.
De son côté, BBC-Prioriterre se positionne davantage comme un label de conception globale des bâtiments, à l’image de la démarche HQE (haute qualité environnementale) largement diffusée dans le secteur tertiaire. L’attribution de ce label s’appuie sur un système de points, répartis en huit pôles : analyse du site, conception du bâtiment, gestion de chantier, ressources durables, confort de l’occupant, gestion des déperditions énergétiques, dispositions spécifiques à l’électricité. Pour obtenir la validation du label, il suffit de satisfaire à la moitié des exigences, c’est-à-dire d’obtenir la moyenne sur un total de 235 points. Sont par exemple prises en compte la proximité des commerces et des transports en commun, l’installation d’une baignoire à balnéothérapie (pénalisante), la mise en place d’isolants écologiques ou la récupération des eaux de pluie, etc.
D’autres labels sont disponibles en France, ajoutant de la confusion à un domaine déjà difficile à suivre pour le non-initié. Délivré en France par Prestaterre, le label suisse Minergie-S (standard) constitue une étape intermédiaire entre la basse consommation et le standard passif. On dénombrait fin octobre plus de 80 certificats délivrés (dont 70 en maison individuelle) et plus de 80 certificats provisoires ou en cours d’attribution. Pour obtenir ce label, la consommation de chauffage et d’ECS, toujours exprimée en énergie primaire, doit être inférieure à 38 kWh/m2.an dans le neuf, et inférieure à 60 kWh/m2.an dans l’existant. Aucune exigence n’est requise en matière de perméabilité de l’enveloppe.
Ce label présente plusieurs atouts. Dans le neuf, il apporte l’assurance d’un surcoût maîtrisé de la construction, limité à 10 au maximum par rapport à une maison conventionnelle. Dans le neuf comme en rénovation, Prestaterre propose par ailleurs un accompagnement du maître d’ouvrage pendant une période de trois ans. En plus d’aider les propriétaires à optimiser leurs consommations d’énergie, ce suivi implique un contrôle systématique du chantier. Cette assurance qualité supplémentaire permet de détecter et de remédier à d’éventuels problèmes de mise en oeuvre.
Pour aller encore plus loin, deux labels permettent aujourd’hui de certifier qu’une maison est passive, à la fois dans le neuf ou en rénovation. L’un, Minergie-P exige une consommation en énergie primaire inférieure à 30 kWh/m2.an et besoins de chauffage inférieurs à 15 kWh/m2.an. L’autre, Maison Passive ou Passivhaus, préconise une consommation de chauffage, en énergie finale (après transformations) cette fois, inférieure à 15 kWh/m2.an, une consommation d’énergie primaire tous usages confondus (dont l’électroménager, l’audiovisuel, ou encore l’informatique, qui ont tendance à se multiplier et à gonfler les factures) inférieure à 120 kWh/m2.an, et une étanchéité de l’enveloppe inférieure à 0,6 h-1. En France, on ne dénombrait fin octobre qu’une seule maison Minergie-P. Plusieurs projets de rénovation sont cependant en cours. Une dizaine de maisons sont quant à elles titulaires du label allemand Passivhaus, décerné dans l’Hexagone par l’association
La Maison Passive France.
• L’énergie primaire est égale à la quantité d’énergie consommée plus la quantité d’énergie nécessaire à la production, plus le transport.
• L’énergie finale est égale à la quantité d’énergie consommée, relevée au compteur. Par exemple pour l’électricité 1 Kwh finale au compteur = 2,58 Kwh primaire.
• Dans le neuf, des aides financières peuvent vous aider à réaliser votre projet. Les bâtiments labellisés BBC disposent d’aides réservées : nouveau prêt à taux zéro, ou N-PTZ, majoré de 20000€ et crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt notamment. Ils permettent de compenser en partie le surcoût de la construction basse énergie.
• En rénovation, les aides sont moins nombreuses. Plusieurs dispositifs sont malgré tout proposés : l’éco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ) pour un montant jusqu’à 30000€, le crédit d’impôt développement durable (jusqu’à 50% des travaux d’isolation effectués, hors main-d’oeuvre), la TVA à 5,5% sur les travaux pour tout logement achevé depuis plus de deux ans. L’ANAH (Agence nationale de l’habitat) et certaines collectivités territoriales (régions, départements ou communes) proposent également des aides financières. À ne pas oublier, les banques qui offrent des prêts à des taux bonifiés pour financer les travaux (un comparateur est en ligne sur le site Internet de l’Ademe : www.ademe.fr).
Dossier réalisé par Cédric Rognon
Maison&Travaux N°222 Jan-Fev 2010
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